Côte d'Ivoire / Le chocolat local des petits transformateurs

En parallèle d’une stratégie gouvernementale d’augmentation des capacités de transformation du cacao au niveau industriel, des petites structures de transformation se développent également en Côte d’Ivoire. La production est destinée au marché local et à la vente directe qui connaît une relative expansion.

60, 70, 90 ou 100 % de cacao… Les tablettes de chocolat noir disposés sur une grande table en inox ont la particularité de ne pas contenir de matière grasse ajoutée. Ouvert il y a un peu plus de trois ans avec quatre salariés, la petite structure compte désormais dix personnes pour torréfier, concasser, broyer et concher les fèves de la région du Sud-Comoé.

Le directeur de l’atelier de transformation ChocoPlus, Hervé Dobinou, défend cette manière artisanale de transformer les fèves et encourage les producteurs à faire de même : « Les petites entreprises comme les nôtres qui ont commencé à le faire permettent de faire comprendre aux gens que c’est possible de fabriquer du chocolat sur place. Nous apprenons à des personnes à transformer le cacao même à la main, sans même avoir besoin de machines. Donc, même dans les champs, dans les plantations, il y a des personnes désormais qui essaient de faire la transformation du cacao ne serait-ce que primaire sur place, ne serait-ce que pour avoir du chocolat granuleux et le consommer. »

Travailler avec des variétés locales

ChocoPlus se fournit en fèves localement, dans les villes proches Aboisso ou Bonoua, une région où le cacao est produit en petite quantité : « Pour la petite entreprise que nous sommes, on s’est dit que pour le moment, on n’a pas besoin de grosses quantités, mais plutôt de la qualité et des variétés bien précises. Comme au départ, on s’est dit qu’on voulait faire quelque chose de très spécial, se démarquer du chocolat industriel et de tout ce qu’on a l’habitude de voir. On a dit : "OK, on transforme déjà cette première variété". Parce que de plus en plus ce sont des variétés qui sont en train d’être oubliées. »

L’entreprise est sociale et solidaire, elle rémunère les producteurs 1 200 francs CFA le kilo, au lieu de 1 000 francs CFA, mais ne dégage pas encore de bénéfices.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial d’« or brun » avec 40 % de la production mondiale, compte à ce jour 5 artisans-chocolatiers. Le pays transforme un quart de sa production sur place, soit 500 000 tonnes sur 2 millions.

Rfi