Côte d’Ivoire / Des travailleurs licenciés à la CDCI promettent de se battre pour leurs droits

Des délégués du personnel et travailleurs virés de la société Cdci appellent l’Etat au secours. Licenciés pour divers motifs, ils dénoncent, dans une déclaration qui nous est parvenue, l’irrégularité de la procédure et promettent user de tous les moyens pour que le droit soit dit.

 

« Voilà bientôt 4 mois que nous, délégués du personnel et un ensemble d’autres travailleurs, avons été licenciés. Au prétexte d’une grève illégale alors que toutes les étapes prévues par le code du travail et la convention collective ont été respectées (préavis, négociations et accord pour une reprise du travail), la Cdci a jugé bon de remercier les délégués et une partie du personnel et cela avec l’accord de l’inspection du travail de Treichville à l’encontre de toute règlementation. Ainsi, malheureusement, à la Cdci, on a choisi de bâillonner les syndicalistes et les employés, et nous enlever le droit de grève. Nous, délégués du personnel, mènerons tous les recours pour que le droit soit dit. D’autres parmi nous ont été licenciés pour suppression de poste au motif de difficultés  économiques. Nous aurions pu comprendre cet argument si, parallèlement, ces postes ne sont pas remplacés par une main d’œuvre beaucoup plus chère. Il y a là un paradoxe que seul le groupe Label’Vie qui a repris la société Cdci en a le secret. Il faut dire que nous ne sommes que les victimes de la guerre entre les anciens dirigeants représentés par le groupe Ezzedine et les nouveaux représentés par Label’Vie de M. Zouhair Bennani. Guerre qui avait déjà commencé bien avant la sortie du groupe Ezzedine du capital de Cdci. Et c’est cette guerre qui est à l’origine de la situation qui y prévaut. Parti de 20 magasins en 2002, le groupe Ezzedine a fait de Cdci la première compagnie de distribution par sa couverture et son chiffre d’affaires, et cela malgré les troubles socio-politiques et les crises armées qu’a connus notre pays de 2002 à 2011. En décembre 2015, quand Label’Vie entrait dans le capital de Cdci, la société avait plus de 130 magasins répartis sur tout le territoire. En 2019, à la sortie du groupe Ezzedine de Cdci, la société avait environ 150 magasins et près de 2000 employés. En octobre 2019, lors d’une allocution d’un patron de Label’Vie, M Rachid Hadni, devant les délégués du personnel et les employés, il a été promis la continuité de l’expansion de Cdci en Côte d’Ivoire, et même une percée de l’enseigne Cdci dans la sous-région. On est en droit, près de 3 ans après la reprise de Cdci par le groupe Label’Vie, de se poser la question, où en est-on ? La réponse tient en une petite phrase. La société Cdci, propriété du groupe Label’Vie de M. Zouhair Bennani a jeté à la rue plus de 500 personnes et fermé 25 magasins. Il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il est prévu la fermeture d’au moins 15 magasins encore et le licenciement de près de 300 salariés supplémentaires. Ces employés jetés à la rue dans cette situation pandémique vivent dans une misère totale. Leurs droits ne sont pas payés pour certains, quand pour d’autres, ils ont été obligés d’attendre plus d’un mois pour percevoir leur insignifiante solde. Dans cette galère, il y en a qui n’ont pu survivre et d’autres sont dans un état critique. Qu’a-t-on fait à M. Zouhair Bennani pour mériter un tel supplice. Nous souhaitons vivement que l’Etat de Côte d’Ivoire se penche sérieusement sur cette situation afin d’arrêter l’hémorragie qui, à ce rythme, risque d’emporter la Cdci et ses 2000 salariés, ou ce qu’il en reste. Et c’est l’un des fleurons de la distribution moderne en Côte d’Ivoire qui disparaîtra avec la Cdci ».

Joint par téléphone, le responsable des ressources humaines, Franck Bouah, déclare n’avoir aucun commentaire à faire sur cette situation.

Des ex-employés de Cdci »