Côte d’Ivoire : Quel profil idéal pour le poste de Médiateur de la République ?
Le poste de Médiateur de la République est une fonction publique à la fois importante et sensible, au regard des missions qui lui sont assignées. C’est pourquoi le Président de la République ne peut nommer à sa tête n’importe quelle personnalité.
Cette Institution de la République joue en effet un rôle fondamental dans la promotion de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.
De par sa position, le Médiateur de la République doit être capable de dialoguer avec toutes les composantes de la société. Il doit également inspirer la confiance de l’ensemble des acteurs, y compris ceux de l’opposition. Il est donc essentiel que la personne nommée soit à la fois appréciée, acceptée et irréprochable dans son parcours.
Elle ne doit traîner aucune « casserole » ni avoir tenu des propos belliqueux ou clivants susceptibles de provoquer le rejet d’une partie de la population, ce qui nuirait à l’efficacité de sa mission.
Traditionnellement, plusieurs présidents d’institutions en Côte d’Ivoire sont d’anciens ministres ou président d'Institution de la République dont l’expérience et le profil ont contribué au rayonnement desdites institutions de la République.
Le cas du Médiateur de la République ne devrait pas faire exception.
En effet, bien que cette fonction doit rester en dehors du jeu politique, elle requiert une certaine stature, une grande capacité d’écoute et une neutralité active.
C’est dans ce contexte que les noms de trois hautes personnalités de l’Etat apparaissent comme des profils idéaux pour occuper ce poste. Le Premier ministre Robert Beugré Mambé, le président du CESEC, Eugène Aka Aouélé dont le mandat est arrivé à terme, et l’actuel Vice-président de la République, Meyliet Tiémoko Koné. Leurs expériences, leur discrétion et leur capacité à entretenir de bonnes relations avec toutes les sensibilités politiques et sociales font d’eux des choix judicieux.
La nomination de l’une de ces personnalités serait d’autant plus symbolique qu’elles disposent d’une riche expérience professionnelle et politique.
Acteurs historiques du paysage politique ivoirien, elles sont reconnues pour leur engagement en faveur de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Dotées de charisme et de sagesse, elles disposent des qualités nécessaires pour mener à bien la fonction de Médiateur de la République. Elles sont respectées, écoutées et ne sont associées à aucun conflit public, des atouts précieux pour ce poste.
Depuis sa création, cette Institution de la République a toujours été dirigée par des personnalités ouvertes et consensuelles. Dans le contexte actuel, où les enjeux liés à la paix et à la cohésion nationale sont cruciaux, le choix du futur Médiateur de la République est scruté avec attention par la population.
Une mauvaise nomination pourrait susciter des contestations et affaiblir la légitimité de l’institution.
Après plus de trente ans d’existence, le Médiateur de la République doit incarner l’unité, la neutralité et la sagesse. C’est pourquoi le choix de l’une de ces trois hautes personnalités de l’État apparaît, au regard de leur parcours et de leurs qualités humaines, comme une option crédible pour cette fonction essentielle à la République.
En fin de carrière professionnelle et politique, elles sont aptes à jouer pleinement le rôle de Médiateur, en mettant leur expertise au service de la résolution des différends et de la promotion de la paix sociale, du vivre-ensemble et de la cohésion nationale dont le Médiateur de la République est le garant.
Evariste Adou
Analyste politique





