Côte d'Ivoire : Une voix s’élève contre le silence face à l’injustice
Dans un monde toujours marqué par des injustices persistantes, des violences silencieuses et des inégalités croissantes, une voix s’élève pour interpeller les consciences : celle de l’abbé Abékan. A travers une réflexion profonde, il explore le rapport entre le silence et la parole à la lumière de l’évangile.
S’inspirant de Jésus-Christ, présenté comme « la Parole faite chair » devenue silence face à la souffrance, le Père Norbert Eric Abékan pose une question essentielle : Quand faut-il parler et quand faut-il se taire ?
En s’appuyant sur le vécu quotidien, il met en lumière des réalités toujours actuelles : l’oppression des faibles par les puissants, la terreur imposée et les injustices qui continuent de marquer les sociétés contemporaines. Evoquant Hérode le Grand et le massacre des Innocents, il souligne que ces drames ne relèvent pas seulement du passé mais se répètent « encore aujourd’hui ».
Face à ces situations, le Père Norbert Eric Abékan dénonce le silence dicté par la peur qu’il considère comme un facteur favorisant la propagation du mal. « Beaucoup enterrent leur courage », affirme-t-il, laissant ainsi prospérer la violence, le mensonge et l’injustice.
Toutefois, loin d’opposer de manière simpliste le silence et la parole, l’abbé rappelle qu’il existe un temps pour chacun : « Il y a un temps où le silence tue et la parole libère, et un temps où la parole tue et le silence sauve ». Il illustre cette tension en évoquant Jean le Baptiste, qui, pour avoir parlé, a payé de sa vie.
Au cœur de cette réflexion, il appelle à la responsabilité personnelle et invite chacun à ne pas laisser la peur guider ses choix mais à s’inspirer du Christ pour discerner le moment juste.
« Sois cette voix qui s'élève, qui éclaire quand les autres, par peur, s’éteignent », exhorte-t-il.
En clair, l’abbé Abékan affirme son engagement : celui de parler, même au prix de la liberté ou de la vie. Une posture qu’il présente comme un témoignage ultime où, même le silence ou la mort deviennent porteurs de vérité.
A travers cette réflexion, il lance un appel fort à la conscience collective : oser une parole juste, courageuse et libératrice, dans un monde où le silence peut parfois devenir complice.
Rémy Montini Dago





