Côte d’Ivoire / Des trafiquants de peaux de lions, d’hyènes et de crocodiles mis aux arrêts

Deux trafiquants spécialisés dans le commerce illégal de peaux d’animaux ont été mis aux arrêts. Ils sont tombés dans les filets des limiers, à Abobo, avec en leur possession des peaux d’espèces protégées.

Deux personnes spécialisées dans le commerce illégal de peaux d’animaux protégés ont été récemment arrêtées, à Abobo. Cette prise a été possible grâce à la collaboration de l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale (Uct), du ministère des Eaux et forêt (Minef) et l’appui technique de ‘’Eagle Côte d’Ivoire’’, une organisation non gouvernementale spécialisée dans la lutte contre le trafic des espèces protégées.

Ces derniers ont été pris en flagrant délit de possession de peaux d’hyènes, de crocodiles et de lions qu’ils tentaient de vendre dans les encablures du grand marché d’Abobo. Lieu où ils ont l’habitude d’écouler ces peaux d’animaux. Une perquisition sur un étal leur appartenant, a permis de saisir une peau de crocodile, une peau de python, une peau de ratel et une peau de civette. A cet endroit, une autre personne a été interpellée. Il s’agit d’une dame âgée de plus de 65 ans qui détenait 3 sacs contenant des caméléons séchés, des peaux de rats, des crapauds séchés et des peaux de hérissons.

Ces présumés trafiquants ont été conduits à l’Uct pour une garde à vue et une audition. D’après les premiers éléments, la dame interpellée n’est pas à sa première détention de peaux d’animaux. Elle vend régulièrement au grand marché d’Abobo. Au nombre de ses marchandises, des animaux séchés et fréquemment des peaux d’animaux qui, bien souvent, figurent dans la liste des espèces protégées. D’ailleurs, c’est à elle qu’appartiennent les peaux de lions et d’hyènes mises en vente. Les produits ont été illégalement acquis au Nigéria pour être acheminés en Côte d’Ivoire dans le but d’être vendus. Elle commet a commis une infraction relative à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) en important les peaux d’animaux (lion, hyène) et les caméléons. Convention que la Côte d’Ivoire a ratifiée depuis 27 ans (1994). A cette infraction, s’ajoute l’infraction à la loi ivoirienne. Parce que le lion fait partie des espèces entièrement protégées par l’annexe I de la loi n°94-442 du 16 août 1994 portant modification de la loi n° 65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse. Le crocodile fait partie des espèces intégralement protégées par la loi. Le ratel, l’hyène et le python font quant à eux, partie de la liste des animaux partiellement protégés par l’annexe II de la loi ivoirienne n°94-442 du 16 août 1994 portant modification de la loi n° 65-255 du 4 août 1965, relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse.

 

Peine qu’encourt les mis en cause 

 

Les prévenus ont été déférés devant le parquet au Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, pour répondre de leurs actes. L’affaire les concernant a été mise en flagrant délit. Ils sont placés sous mandat de dépôt. Si ces présumés trafiquants sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, ils risquent une peine de réclusion allant de 2 à 12 mois, assortie d’une amende allant de 3000 Fcfa à 300.000 Fcfa. Une peine jugée peu dissuasive par l’Ong ‘’Eagle Côte d’Ivoire’’, en comparaison des lois des pays de la sous-région.

Cette organisation apolitique milite pour la réforme de la loi. Les choses sont en bonne voie en la matière, car un avant-projet de loi relative à la faune devrait être sur la table de l’Assemblée nationale les temps à venir. La peau du lion trouvée chez les trafiquants était celle d’un jeune animal qui n’a pas eu le temps de se reproduire. Ce qui démontre clairement que les trafiquants sont sans scrupule et sont appâtés uniquement par le gain d’argent. Selon l’Ong Panthera, spécialisée dans la protection des grands félins, la survie des lions est menacée. Un rapport de l’Ong datant de 2014 conclut que les lions sont en voie d’extinction dans toute l’Afrique de l’ouest.

A. C.