Agne et Ko, deux Ivoiriens de la trentaine, se sucraient impunément grâce à la société Orange Money dont ils avaient accès aux données par un mécanisme qu’on ne peut qualifier que d’ingénieux. Le cerveau de l’opération était Agne, ivoirien venu de la France pour s’installer en Côte d’Ivoire, se disant commerçant de profession.
Depuis quelques temps, la société Orange Money a constaté que des transferts d’argent sont frauduleusement faits depuis la France, sur des numéros locaux. Elle diligente donc une enquête minutieuse au bout duquel Ko est arrêté. Il dénonce à son tour son ami venu de la France, le moniteur de leur activité. Les deux complices comparaissent à la barre, ce mardi 15 décembre 2020, au Tribunal d’Abidjan Plateau, jugés pour association de cybercriminels et accès frauduleux à un système.
Interrogé, Ko, célibataire, père d’un enfant, reconnaît avoir reçu des dépôts d’argent sur un numéro qui était le sien :
– Agne m’a transféré trois fois 1.500.000 francs mais je ne savais pas que c’était du broutage, se défend-t-il.
– Mais tu percevais combien sur ces sommes d’argent qu’il te faisait parvenir ? demande le juge.
– Dix pour cent, confie le prévenu.
La procureure prend la parole et ranime des dossiers où il est prouvé que Agne est un brouteur. Ce dernier renchérit :
– Ça c’était avant. Ancien brouteur, oui. Mais maintenant je ne suis plus dans ça, j’ai arrêté tout ça !
Le procureur charge à nouveau :
– Parce que ce dont vous êtes accusé aujourd’hui n’est pas de la cybercriminalité ? Monsieur le président, tout se passe dans ce pays comme si les cybercriminels bénéficient d’une immunité. Voici l’occasion de lancer un message fort à la jeunesse à travers la condamnation des prévenus pour qui je requiers 5 ans d’emprisonnement. Il faut que la jeunesse ivoirienne prenne conscience que le bien mal acquis ne profite jamais.
Le délibéré du Tribunal se fera le 29 décembre 2020.
Source : lavraieinfo