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A l’occasion de la célébration du Vendredi Saint, moment central de la foi chrétienne marqué par la passion et la crucifixion du Christ, l’abbé Norbert Eric Abékan a livré une pensée profonde et interpellatrice sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire.

Dans un texte à la fois spirituel et prophétique intitulé « Ma tunique du Vendredi Saint », le prêtre établit un parallèle saisissant entre la tunique du Christ, évoquée dans l’Évangile selon Saint Jean (Jn 19, 23), et le tissu social ivoirien aujourd’hui fragilisé.

S’appuyant sur ce passage biblique où les soldats refusent de déchirer la tunique du Christ parce qu’elle est « tissée d’une seule pièce du haut en bas », l’abbé Norbert Eric Abékan déplore une réalité bien différente en Côte d’Ivoire. « Pourquoi continuez-vous à déchirer ce tissu social, ma tunique ? », interroge-t-il, avec gravité.

Dans un ton empreint de douleur et d’espérance, le prêtre rappelle que la Côte d’Ivoire a été présentée comme une « nouvelle patrie du Christ », pour le Christ, elle est le symbole d’unité, de paix et de fraternité. Pourtant, constate-t-il, cette unité semble mise à rude épreuve, notamment lors des périodes électorales souvent marquées par des tensions et des violences.

« Elle est encore et encore tachée de sang », déplore-t-il en évoquant une société blessée par les divisions, les conflits et les incompréhensions. À travers cette image forte de la tunique déchirée, il dénonce les fractures sociales et appelle à une prise de conscience collective.

Dans une adresse directe au peuple ivoirien, l’abbé Abekan pose une question fondamentale : « Que t’ai-je fait ô mon peuple? En quoi t’ai-je offensé ? », reprenant ainsi le cri du Christ souffrant. Une interpellation qui se veut un miroir tendu à la conscience nationale face aux dérives de la violence.

Au-delà du constat, le message se veut également un appel à la conversion des cœurs. « Pendant qu’il est encore temps », insiste-t-il, invitant les Ivoiriens à préserver l’unité nationale, comparée à cette tunique « tissée en une seule pièce ».

Le prêtre exhorte enfin les fidèles à se tourner vers la Vierge Marie à qui la Côte d'Ivoire est consacrée, invoquée sous le vocable de Notre-Dame de la Paix, afin d’obtenir la grâce de la réconciliation et de la paix durable.

Par cette méditation, le prêtre ivoirien, lance un appel pressant à l’unité, à la responsabilité collective et à la sauvegarde du vivre-ensemble pour donner à la patrie l'image vraie de la fraternité du peuple en Côte d’Ivoire.

Rémy Montini Dago