Couvre-feu / Aboisso, Grand-Bassam et Bonoua bouclées : Les inquiétudes des populations
En dépit du strict respect des mesures prises par le gouvernement pour la lutte contre la propagation de la maladie à coronavirus, les populations de Grand-Bassam, Aboisso et Bonoua vivent un calvaire avec les automobilistes.
Le couvre-feu qui court de 21 heures à 5 heures du matin instauré par le gouvernement depuis le 24 mars dernier, n’est pas sans conséquence pour certaines populations malgré le respect de cette mesure. Lors d’une patrouille à Grand-Bassam, Aboisso et à Bonoua dans la nuit du mercredi au jeudi dernier, la route a encore fait un blessé grave au niveau du village de Yaou situé non loin de Bonoua. Il était 19 heures 30 minutes lorsque les sapeurs-pompiers militaires transportaient l’infortuné dans l’ambulance. Sur la chaussée, l’accidenté ensanglanté couché auprès d’un mini car communément appelé Massa était mal en point. Selon des témoins, ce dernier non identifié a fait les frais du conducteur d’un véhicule qui roulait à vive allure dans ce village à l’approche de l’heure du couvre-feu. Les commentaires des badauds en disent long sur la mauvaise conduite des automobilistes en ce lieu. Selon un habitant du village, une dame aurait été fauchée par un autre automobiliste à la veille de ce malheur causé par l’excès de vitesse pour échapper au couvre-feu. A l’entrée du quartier 8 kilos de Yaou, sur le tronçon Bonoua/Grand-Bassam, c’est un carambolage de trois véhicules qui ralentit la circulation. Plus de peur que de mal malgré le bilan préjudiciable au conducteur d’un véhicule personnel de type 4X4. Réduite en épave, la voiture a été écartée de cette voie tandis que le camion de marchandises qui a occasionné l’accident était dans la pénombre pour le constat d’usage.
Aboisso, Bonoua et Grand-Bassam dans la quiétude
Malgré un début d’exécution quelque peu difficile, le couvre-feu est aujourd’hui respecté dans le pays. C’est le constat dans la ville d’Aboisso. Les grandes artères des quartiers Tp, Rive gauche, Escadron, Sokoura, Cafop de cette capitale du Sanwi étaient vides lors de la patrouille faite avec les unités de la Gendarmerie, Police, Eaux et forêts. Sous la conduite du commandant de la compagnie d’Aboisso, Sidoine Kouassi et du chef de l’escadron Soro Tibeh, les unités ont parcouru les ruelles des différents quartiers avec une tranquillité. Boutiques, magasins, maquis, bars marchés. Tous ces espaces qui grouillaient habituellement de monde sont restés fermés pour le respect des mesures contre le Covid 19. Sur la grande voie, les gendarmes focalisent leur attention sur la poignée de voitures toujours stationnées, histoire de vérifier qu'il ne s'agit pas de véhicules volés. Petit tour derrière les hangars, lampes de poche fixées sur chaque porte pour constater l'absence d'intrusion, d’autres patrouilles pédestres tournent pendant que la nuit suit son cours. « Les unités de gendarmerie s’assurent de respecter les mesures du couvre-feu. L’escadron, la compagnie et la brigade d’Aboisso sont sur le terrain. Tout se passe bien. Nous donnons beaucoup de conseils aux populations », indique le commandant Sidoine Kouassi. Cap est mis sur la ville de Bonoua. Il est minuit passé. Calme olympien dans cette cité de l’ananas. Le chef Pierre fait observer que la population ne rencontre pas de difficultés à se soumettre aux décisions prises par le gouvernement. Le respect intégral de la mesure de couvre-feu est aussi l’affaire du peuple N’zima Kotoko de Grand-Bassam. Après une surveillance mixte motorisée et pédestre composée des unités de la Gendarmerie, police nationale, police municipale, affaires maritimes Eaux et forêts, des sapeurs-pompiers, le Commandant de la compagnie d’Abidjan Sud, lève un coin du voile sur cette mission de routine.
Vigilance et mesures judiciaires
« Après avoir pisté les rues des quartiers France, Moossou etc., on n’a pas eu d’interpellation dans la ville qui est calme. Nous allons mettre une pause avant de continuer la route jusqu’à 5 heures du matin. Il faut que chacun s’arme de courage. Nos patrouilles vont permettre de briser la chaine de transmission de cette maladie. Nous imposons à la population le respect des règles d’hygiène et des mesures que le gouvernement a prises », a confié l’officier supérieur de la gendarmerie nationale. Et d’ajouter : « Je suis sûr que les cas vont diminuer. Prenons courage pour cette mission. On est engagé, allons jusqu’au bout ». Le commandant Bah a lancé un appel à l’endroit de la population pour éviter des sanctions. « Il n’y a pas eu de suite judiciaire pour les premières interpellations. C’était comme des avertissements. Tous ceux qui seront pris feront l’objet de procédures judiciaires. Ils seront déférés devant le procureur pour le sort qu’il mérite. La maladie ne choisit pas. Nous sommes tous égaux devant la loi. Mais, actuellement on est tous égaux devant la maladie. On exhorte les populations à respecter les règles d’hygiène, les mesures barrières et toutes les autres mesures prises. Il y va de la santé de tous et du sucées de notre ».
Aimé Dinguy’s N.





