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Au cœur du temps de Carême, période de conversion et de vérité intérieure, l’Abbé Norbert Abékan signe une tribune incisive intitulée « l’Indexe, trois doigts vers soi », un titre qui interpelle la conscience humaine parfois banalisée face à l’exigence morale.

Signé Abbé Abékan (« Âne du Christ »), ce lundi 23 février 2026, le texte se présente comme un cri prophétique contre la tentation permanente de juger autrui sans s’examiner soi-même. A travers un style à la fois poétique et percutant, il appelle à la responsabilité personnelle et à un retour sincère à soi.

Dès l’entame, le ton est donné :

« Toi qui, continuellement, indexes l’autre, ne vois-tu pas que, dans le même mouvement, trois doigts se retournent vers toi pour t’inviter à te remettre trois fois en question ? ».

A travers cette métaphore universelle de la main accusatrice, le Père Norbert Abékan met en lumière une vérité souvent oubliée : celui qui pointe du doigt n’est jamais totalement innocent. L’image est simple, mais redoutablement efficace. Elle invite à passer du jugement extérieur à l’examen intérieur, à mettre de l’ordre en soi avant de prétendre corriger l’autre. Là, le prêtre de l'archidiocèse d'Abidjan, oppose deux attitudes : l’acharnement à exposer les fautes d’autrui et l’exigence envers soi-même. Pour lui, le véritable combat spirituel commence dans le cœur de chacun. Il l’affirme sans détour :

« J’ai choisi d’être exigeant envers moi-même et tolérant envers l’autre ».

Cette profession de foi revient comme un refrain et donne au texte une profondeur méditative. Il dénonce avec vigueur l’hypocrisie qui consiste à dissimuler ses propres failles en exposant celles des autres :

« Pourquoi choisis-tu de dissimuler la pourriture de ta vie derrière celle de l’autre, que tu exposes aux yeux du monde comme un linge souillé ? », s'interroge-t-il.

L’image est volontairement forte. Elle ne cherche pas à humilier, mais à réveiller les consciences. Cela suggère une référence explicite à la règle d’or.

Au cœur de sa réflexion, il rappelle l’enseignement moral universel :

« Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse… Faites à autrui ce que vous voudriez que l’on vous fasse », conseille-t-il. Par cette référence à la règle d’or, il souligne que la grandeur morale ne réside ni dans la critique facile, ni dans l’exposition publique des défauts d’autrui mais dans la cohérence personnelle, la charité et la miséricorde.

Bien que le texte interpelle fraternellement le Révérend Père Okoin, il dépasse le cadre d’une adresse individuelle pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur les relations humaines, y compris au sein des communautés ecclésiales.

« Au bord de ma rivière polluée », une signature symbolique qui évoque un environnement moral troublé, marqué par les jugements hâtifs et les rivalités stériles. Elle suggère l’urgence d’une purification intérieure, particulièrement en ce temps de Carême.

Le texte s’achève sur une exhortation simple : « Aimons-nous vivants ! ».

Un appel à la bienveillance active, à la vigilance spirituelle et à une fraternité débarrassée des condamnations précipitées.

En cette période de conversion, la tribune de l’Abbé Norbert Abékan résonne comme une invitation à revenir à l’essentiel : se juger soi-même avec rigueur et regarder l’autre avec miséricorde.

Rémy Montini Dago