guillaume-soro-1jpg1587578193.jpg

C’est une grosse gifle que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) vient d’administrer au pouvoir d’Abidjan. Contre toute attente, la Cour vient d’ordonner, selon une information du site afriksoir, la suspension du mandat d’arrêt délivré par la justice ivoirienne contre Guillaume Soro. Elle exige, au surplus, la libération des députés arbitrairement détenus.

 

Selon le site qui évoque « une victoire judiciaire et politique » importante pour Guillaume Soro face au Président Alassane Ouattara la décision de la Cour a été prise, ce mercredi 22 avril 2020 à l’issue de longues délibérations. Soit trois mois après les faits. « Le mandat d’arrêt délivré par la justice ivoirienne est illégal et ne respecte pas les formes juridiques nécessaires », en a conclu la Cour africaine.

Après son retour manqué, le 23 décembre 2019, l’ancien président de l’Assemblée nationale et candidat à la présidentielle 2020, a été l’objet d’un mandat d’arrêt lancé par la justice ivoirienne, le 26 décembre suivant pour "tentative d'atteinte à l'autorité de l'État et à l'intégrité du territoire national".

Des procédures engagées par les autorités ivoiriennes qui ont fait de l’ex-chef de la rébellion ivoirienne un exilé, depuis cette date.

 

Son conseil constitué de maîtres Affoussy Bamba, William Bourdon, Emmanuel Daoud, Charles Consigny et Robin Binsard, a annoncé avoir saisi plusieurs juridictions internationales, début avril, ainsi que la Cour africaine basée à Arusha. Cette même cour qui doit régler le litige opposition ivoirienne contre le gouvernement relativement à la composition de la Commission électorale indépendante.

 

Selon toujours le site, « la Cour des onze juges (le président ivoirien Sylvain Oré n’ayant pas siégé, selon les textes de l’organisation, étant donné que l’affaire provient de son pays, le tribunal a été présidé par le vice-président Ben Kioko) a donc jugé toutes ces procédures non conformes au droit ».

 

La décision des juges africains concerne également les 18 compagnons de Guillaume Soro, des députés, conseillers municipaux, maire, militants et frères, tous proches de ce dernier et de son mouvement, et qui se trouvent actuellement détenus arbitrairement en Côte d’Ivoire à la suite d’une opération de police orchestrée par le parquet d’Abidjan depuis le 23 décembre 2019.

A.K.