Côte d’Ivoire / Gagnoa : Une marée humaine à la cathédrale Sainte-Anne pour la messe chrismale
Entrés dans la Semaine Sainte à la suite de la célébration des Rameaux, les fidèles catholiques de l’archidiocèse de Gagnoa ont massivement pris part, ce mardi, à la messe chrismale célébrée à la cathédrale Sainte-Anne. Une affluence exceptionnelle qui a littéralement refusé du monde, témoignant de la vitalité de la foi dans cette Eglise locale.
Prêtres, religieux, religieuses et fidèles laïcs, venus de toutes les paroisses, ont répondu à ce rendez-vous majeur de la vie diocésaine, présidé par l’Archevêque métropolitain. Cette célébration, riche en symboles, a été marquée par la bénédiction des huiles saintes, huile des malades, huile des catéchumènes, et le saint chrême ainsi que par le renouvellement des promesses sacerdotales.
Dès l’ouverture de la célébration, un message fort a été adressé à l’assemblée. Dans une adresse empreinte de foi, le Vicaire général, Monseigneur Joseph Zéhia, a proclamé : « Grande est notre joie de vous accueillir en ce jour de grâce où le Seigneur ouvre les écluses des cieux pour le rayonnement de notre archidiocèse ». Une exhortation chaleureuse qui a plongé les fidèles dans l’esprit de communion et de grâce propre à cette liturgie.
Dans la richesse de la liturgie de la parole, les textes proclamés ont donné toute sa profondeur à la célébration. Le prophète Isaïe a rappelé la mission d’onction et d’envoi confiée par Dieu :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi car le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne nouvelle aux pauvres. Je conclurai avec vous une alliance éternelle ».
A sa suite, la deuxième lecture tirée de l’Apocalypse de saint Jean a affermi l’espérance des fidèles : « Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Maître de tout ».
Enfin, l’évangile selon Saint Luc a donné son plein accomplissement à cette parole lorsque Jésus, dans la synagogue de Nazareth, reprend ce passage d’Isaïe et déclare :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’écriture que vous venez d’entendre ».
Par cette affirmation, le Christ se révèle comme l’envoyé du Père, celui qui accomplit la promesse et inaugure le temps de la grâce.
Dans l’homélie qu’il a prononcée, Monseigneur Jean Jacques Koffi Oi Koffi s’est interrogé :
« Que dire ? Nous sommes heureux ce matin de célébrer cette messe chrismale, qui est la première que je préside. Isaïe avait pour mission de réconforter ceux qui pleurent. Qui est cet homme envoyé pour la libération des captifs ? Le Christ affirme qu’il est celui qui donne la liberté aux captifs. Beaucoup de prisonniers en Côte d’Ivoire ont besoin d’être libérés. Ouvre nos prisons, Seigneur. Jésus est le libérateur dont Isaïe a parlé. Cher Jésus, inspire les Ivoiriens à la charité et au pardon », a-t-il exhorté.
S’adressant aux prêtres présents, il a ajouté :
« Cher prêtre, tu es le signe que Jésus est présent parce que tu es oint. Je rends hommage à tous les prêtres de l’archidiocèse. Par l’onction du Saint Chrême, c’est Jésus qui guérit. Chers chrétiens, continuez de prier pour nous afin que nous soyons de bons prêtres. Merci pour ce que vous êtes pour nous. Chers prêtres, soyez heureux d’être prêtres », a-t-il encouragé.
Au-delà du rite, cette messe chrismale a été une véritable manifestation de l’unité de l’Eglise autour de son pasteur mais aussi un moment de renouveau spirituel pour les prêtres appelés à raviver la grâce de leur ordination. Les fidèles, quant à eux, ont exprimé leur joie et leur attachement à leur Eglise à travers des chants exécutés par les étudiants du grand séminaire de Guéssihio, des prières et une participation active.
A travers cette affluence remarquable, c’est toute une Eglise locale vivante et profondément enracinée dans la foi qui s’est donnée à voir, annonçant déjà, dans l’espérance, la joie de la résurrection.
Rémy Montini Dago





