Ange Grah.jpg

Monsieur le Ministre d’Etat Ahmed Bakayoko,

La publication ou le partage d’un article de presse, même diffamatoire, n’est pas une infraction au sens de la loi ivoirienne, à plus forte raison lorsqu’il n’est pas établi que l’article le soit.

La volonté de s’en prendre aux « relais » qui est une notion ignorée de la loi sur la presse et de celle sur la cybercriminalité qui ne saurait d’ailleurs concerner la publication ou le partage d’articles de presse sur les réseaux sociaux. C’est une tentative d’intimidation de citoyens qui ne font que profiter de leurs droits à l’information et à l’expression. Cette attitude est annonciatrice d’abus de pouvoir. Elle laisse entrevoir le véritable objectif du communiqué : parce qu’on a peur de tenter le diable en poursuivant là où doivent être poursuivis les auteurs des articles, faute de savoir les éléments de preuve qu’ils détiennent, on essaie de limiter sa diffusion par des menaces sur les lecteurs. C’est une attitude peu honorable. Si on ne la décrie pas dès maintenant, des innocents risquent de se retrouver derrière les barreaux pour effrayer les personnes qui seront tentées de publier l’article.

Si diffamation il y a, il convient d’engager les voies de droit contre les véritables auteurs au lieu de s’en prendre arbitrairement aux citoyens qui sont libres de partager et de commenter l’article, comme tout autre information auxquelles ils ont accès par voie de presse audio-visuelle, papier ou numérique. Ce sont les droits constitutionnels à la liberté d’information et d’expression.

 

Grah Ange Olivier, magistrat ivoirien, exilé aux États-Unis d’Amérique