Côte d’Ivoire / Guillaume Soro : « On n’a pas intérêt à faire palabres à Bédié…il ne m’a rien fait »
Guillaume Soro a rafraîchi la mémoire de ceux qui sont lancés dans la guerre aveugle contre le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Recevant ses « parents » à son domicile, il leur a rappelé le rôle joué par Henri Konan Bédié dans la victoire du président Ouattara en 2010 mais surtout la division que ce comportement a créée en Côte d’Ivoire.
« On n’a besoin ni on n’a intérêt à faire palabres à Bédié. Quand on organisait l’élection en 2010, j’étais maître d’ouvrage de l’élection. Le Bédié qu’on insulte aujourd’hui, peut-être qu’on a oublié 2010, mais sans les 25% de Bédié, est-ce qu’on aurait eu le pouvoir un jour en Côte d’Ivoire ici ? Non, on n’a qu’à être honnête, on n’a qu’à laisser la politique de côté. Si Bédié, en 2010, avait décidé de donner ses 25% à Gbagbo, qui aurait gagné ? C’est grâce à Bédié qu’on a gagné en 2010. Pourquoi en 2010, vous n’avez pas dit que les 25% de Bédié, ce sont des ivoiritaires, donc on ne veut pas le vote des ivoiritaires ? On aurait été conséquents. Maintenant, vous ne m’avez pas écouté et vous dites « Guillaume, viens avec nous parce que Bédié est mauvais », or Bédié-là, honnêtement il ne m’a rien fait », a-t-il éclairé. Avant d’inviter les populations ivoiriennes à être reconnaissantes.
« Après Ferké, je vais aller à Daoukro chez Bédié pour le saluer. Je suis reconnaissant à Bédié aussi comme je suis reconnaissant à Alassane Ouattara. Même Gbagbo qui est à Bruxelles. S’il est d’accord pour qu’on se voie, j’irai le saluer aussi parce que dans la vie, il ne faut jamais se faire d’ennemis irréductibles. C’est ce que la politique m’a enseigné », a-t-il fait savoir.
Pour Guillaume Soro, les institutions de la République passent en premier. « En 1994-95, Alassane Ouattara et Bédié étaient les pires ennemis dans ce pays. Est-ce qu’après, ils ne sont pas devenus les meilleurs amis dans ce pays. Alassane l’appelait toujours cher aîné. Les deux sont en train de redevenir ennemis non ? C’est comme ça la politique.
Donc Gbagbo et moi, on a pu être des ennemis à un moment donné mais on doit se donner la possibilité de redevenir tous des amis en Côte d’Ivoire.
Les Ivoiriens sont fatigués de nos querelles, de nos palabres.
Continuez à respecter Alassane
Continuez à respecter Bédié
Continuez à respecter Gbagbo
On ne sait pas de quoi, le lendemain est fait
Quand j’étais Premier ministre de Gbagbo, honnêtement Gbagbo m’a donné de la considération et du respect. Oui, on n’était pas d’accord, on était opposé sur la gestion de la Côte d’Ivoire. Moi je soutenais Alassane Ouattara, lui n’était pas d’accord avec Alassane mais il me respectait en tant que Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire. Gbagbo ne m’a jamais appelé « jeune homme », Bédié ne m’a jamais appelé « jeune homme ». Ils m’ont toujours considéré comme une institution de la République ».
A.K.





