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Démissionnaire de la tête de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro a décidé de ne pas se taire. Ainsi, recevant ses « parents » venus lui demander les circonstances de cette démission forcée, le député de Ferké (Nord du pays) ne s’est pas empêché, il s’est lâché. Mieux, l’ancien chef rebelle dégage de l’énergie à revendre, encourageant même ses « parents » à ne pas s’attrister sur son sort.

« Ne soyez tristes du tout parce que moi-même, je ne suis pas triste ». Avant d’expliquer : « Le 3 avril 2017, à l’ouverture de la session ordinaire, j’ai dit que de la manière dont je vois les choses, on veut mettre le RHDP unifié en place sans le PDCI. Ce sera comme si on faisait le RHDP unifié contre le PDCI et cela va diviser la Côte d’Ivoire. Le président a voulu que je rentre dans le RHDP. Je n’ai pas envie de rentrer dedans mais je ne suis pas contre le RHDP. Que celui qui veut militer dedans aille militer, c’est très bien.

Le 24 janvier, il m’a appelé, il dit, « Guillaume tu n’as pas changé d’avis ». Vous me connaissez, un petit Niarafolo senoufo, quand il dit non, c’est non. Quand il dit oui aussi, c’est oui ».

Devant ses « parents », Guillaume Soro a laissé entendre qu’il n’est pas accroché à un poste. « Mais je ne suis pas le genre d’homme qui cède à un chantage. Je ne suis rien mais par dignité, par honneur, pour l’éducation que vous, Niarafolo, m’avez donnée, je ne peux pas céder au chantage. Je ne peux pas non plus me laisser effrayer, non, ce n’est pas ce que vous m’avez enseigné. Si j’étais un homme qui cédait au chantage, à l’argent, aux postes, peut-être qu’Alassane ne serait pas président. Qu’est-ce que Gbagbo ne m’a pas proposé, avant lui. Bédié était au pouvoir, j’étais ici, quel étudiant à l’époque-là, n’allait pas sauter sur une bourse au Canada pour aller étudier ? J’ai refusé, ce n’est pas à 46 ans que je vais apprendre à me laisser corrompre ou à me laisser effrayer ou bien un poste parce que je suis président de l’Assemblée nationale, je ne le ferai jamais ».

Pour l’ancien chef du Parlement ivoirien, le chien aboie, la caravane passe.

« Vous vouliez que je reste à la tête de l’Assemblée nationale et tous les matins on entend à la télévision, à la radio, « rends le tabouret, fais ceci, fais cela ». Des gens qui normalement ne peuvent pas te parler, qui t’insultent, des gens que Dieu nous a aidés et qu’on a aidés un peu. Vous voyez, aujourd’hui j’ai une chaise, après la chaise, qu’est-ce qui reste, le fauteuil. Les gens sont assis, ils sont rassasiés, ils racontent leur vie. Qui sait, de quoi demain sera fait ? J’ai décidé de faire la paix, la réconciliation en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire nous appartient à nous tous ».

A.K.