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Ilahiri Alcide Djédjé, 61 ans  a présenté, hier à Abidjan-Plateau son nouveau parti politique, dénommé le Congrès pour la consolidation de la République et le développement (Concorde). Le diplomate ivoirien a saisi cette occasion pour ‘’dédouaner’’ Laurent Gbabgo des conséquences de la crise postélectorale de 2010. Toutefois, il a été sans pitié pour les va-t’en-guerre qui pullulaient autour de l’ancien chef de l’Etat ivoirien. Selon l’ancien conseiller du détenu de la prison de Schevingreen, son patron n’a pas souhaité ni voulu cette fin désolante de la crise née des élections présidentielles de 2010 : « La position que je prends aujourd'hui était la même position que celle de Gbagbo en 2011. Gbagbo m'a dit qu'il allait retourner à Mama et que les autres (ndlr : le président élu Alassane Ouattara et son Premier ministre de l’époque) devraient créer un gouvernement d'union. Et ceux qui ne voulaient pas que Gbagbo retourne à Mama ont pris le dessus. Gbagbo porte le chapeau de ceux qui avaient la position de raideur qui ne voulaient pas les décisions de l'Union africaine », a révélé Alcide Djédjé. Avant de faire cette précision : « Gbagbo s'est sacrifié pour tout le monde et je lui rends hommage pour cela. Le connaissant, je sais qu'il serait allé à Mama et non à la Cpi ». Visiblement prolixe ce jour, l’ancien représentant de la Côte d’Ivoire à l’Onu allait de révélations en révélations : « Récemment Gbagbo a dit à Geneviève Bro Grébé qu'il voulait que tous les Ivoiriens se réunissent. Entre Gbagbo et moi, il n'y a jamais de traîtrise. On sait d'où on vient. Je suis là ici avec tous ceux qui lui sont chers avec qui je suis associé dans les affaires. La maman de Laurent Gbagbo est morte dans mes bras pour ceux qui ne le savent pas. Ceux qui ne connaissent pas Gbagbo et moi-même, qui sont sur les réseaux sociaux et qui racontent des contrevérités, peuvent raconter ce qu'il veulent. Quand j'étais à l'Ambassade de France pour négocier le cessez-le-feu, Dogbo Blé m'a appelé pour dire qu'on doit cesser les combats. Ceux qui avaient des positions de radicalité ont pris le dessus. Mais moi je connais la position de Gbagbo et lui, la mienne. Maintenant que tout le monde est sorti de prison, je peux passer à autre chose », a-t-il révélé. Le Président de Concorde n’a pas manqué de dire merci au président Alassane Ouattara pour  l’humanisme et l’esprit de réconciliation vraie dont il a fait preuve en prenant une ordonnance d’amnistie pour 800 prisonniers de la crise postélectorale.

 

 « L'acte du président Ouattara constitue un jalon pour la paix dans notre pays » 

 

Pour le natif de Gagnoa, l'acte du président  Alassane Ouattara « constitue un jalon pour la paix dans notre pays en prenant une loi d'amnistie. Nous ne voulons plus et nous ne pouvons plus être des intermédiaires discrets. Nous voulons interpeler chaque ivoirien afin qu'il puisse s'impliquer dans notre pays. Concorde est disposé à surmonter les obstacles et les préjugés. C'est pourquoi, nous disons que nous allons adhérer au Rhdp. Moi Alcide Djédjé, je suis différent de Ouattara de par mon ethnie mais j'ai le devoir de faire en sorte que les atouts politiques de Ouattara soient conservés par la politique. Nous avons des affinités avec le président Ouattara. C'est pourquoi nous voulons nous consacrer au bien-être de la population en œuvrant pour la démocratie dans notre pays », a soutenu Alcide Ilahiri. Présenté comme un renégat, le sexagénaire a réfuté cette position : « J'ai de très bonnes relations avec mes ex-camarades du Fpi. Moi, je cherche l'unité de tous les Ivoiriens. Il n'y a pas d’ennemis jurés en politique. Les exemples fusent en Côte d'Ivoire. Bédié a trahi qui en s'associant à Ouattara? Le Fpi a trahi qui à l'époque avec le front républicain? Mon idéologie, c'est le consensus à tout prix. L'idéologie qu'on doit avoir, c'est celle que je prône. Toute action politique qu'on veut mener, c'est pour les hommes? Pourquoi on veut forcément se braquer contre les autres? L’homme de droit a insisté pour dire que Concorde est une interpellation douce mais très profonde contre les divisions de toutes sortes, ethniques et religieuses notamment, une interpellation pour la culture de l’esprit constructif, pour l’idéologie de la recherche du consensus à tout prix qui permettra de neutraliser les clichés et les préjugés ethniques et religieux, permettant de faire la promotion des affinités et des ressemblances.

 

Y. C.