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Au petit matin de ce samedi 4 Janvier, l'armée burkinabé a pilonné des positions jihadistes à la frontière ivoiro-burkinabé, précisément à Alidougou non loin de la région de Bolè sans en informer la partie ivoirienne. Agacement et incompréhension à Abidjan.

 

L'opération antiterroriste aérienne et terrestre lancée ce samedi de 5h du matin à 12h par l'armée burkinabé n'était pas du goût de l'état-major ivoirien qui n'a pas été mis au courant selon des sources concordantes. Alors que la lutte contre le terrorisme nécessite en grande partie la coordination entre les différentes armées du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, cette opération unilatérale menée par l'état-major burkinabé révèle au grand jour le manque de communication assez conséquente entre les États concernés. Une situation qui entraîne une désunion des forces africaines depuis plusieurs années.  Dans un passé encore récent, ce manque de coordination avait occasionné 465 attaques jihadistes menées en 2018. On tient peut-être là l'une des causes de l'échec de la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Alerté par les renseignements ivoiriens sur cette opération antiterroriste surprise, le chef d'état-major des armées ivoiriennes, le général Lassina Doumbia très agacé, aurait selon nos sources, immédiatement informé son ministre de tutelle avant une "chaude" demande d'explication avec son homologue burkinabé, le général Moïse Miningou.

Un ancien coordonnateur de l'opération Serval, qui a préféré garder l'anonymat, est formel: « une opération conjointe antiterroriste entre le Togo, le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Burkina était à l'étude mais contre toute attente et de manière unilatérale, les autorités burkinabé ont décidé de se retirer et sans aucune autre explication, provoquant du coup, l'annulation de l'opération. Tout ça manque de sérieux, de pragmatisme et ce sont des conditions idoines pour les terroristes », déclare ce néo-retraité. Pour l'heure, aucun bilan officiel sur cette opération n'a été divulgué. Ce qui est certain, aucune victime n'a été signalée du côté des forces burkinabé. 

Ce samedi, 7 élèves figuraient parmi les 14 personnes tuées dans l'explosion d'un car dans le nord-ouest du Burkina Faso, selon un bilan provisoire annoncé par le gouvernement dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche.

Trois cars transportant 160 passagers sont partis de la localité de Toéni pour rejoindre la ville de Tougan samedi matin. L'un des cars a «sauté sur un engin explosif improvisé», selon un communiqué du gouvernement.

Cette nouvelle tuerie de civils est survenue onze jours après le massacre d'Arbinda (nord), la veille de Noël. Trente-cinq civils dont 31 femmes avaient été tués ainsi que sept militaires lors de l'attaque de la base militaire puis de la ville. Le groupe djihadiste État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) avait revendiqué uniquement l'attaque contre la base militaire sans évoquer les victimes civiles.

Source : LSI AFRICA