Côte d’Ivoire / La France juge la menace du Groupe armé terroriste (GAT) élevée sur Abidjan et le reste du pays : les déplacements au nord à éviter
Niveau risque pays 3
Zone impactée Kafolo (région du Tchologo, Nord)
Niveau risque incident 4
Dans la nuit du 10 au 11 juin, des terroristes ont attaqué un poste mixte de la gendarmerie et de l’armée ivoirienne dans le village de Kafolo, localité frontalière au Burkina-Faso. 13 morts (11 militaires, 1 gendarme et 1 assaillant) et 6 blessés ont été dénombrés. 2 gendarmes sont également portés disparus. Les assaillants seraient en provenance du Burkina-Faso.
ANALYSE
L’attaque de Kafolo est la première attaque terroriste sur le sol ivoirien depuis l’attentat de Grand Bassam en mars 2016 revendiqué par AQMI.
Cette attaque est probablement une riposte des combattants du Groupe Armé Terroriste (GAT) « Katiba Macina » dirigée par le malien Amadou Koufa et affiliée au GSIM (Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans), une branche d’AQMI.
Elle intervient en réaction à l’opération de démantèlement d’une cellule terroriste initiée conjointement par les armées ivoirienne et burkinabé à la frontière ivoiro-burkinabé (13/05).
Cette opération militaire dénommée « Comoé » avait permis de détruire une base de «la Katiba Macina » dans la localité d’Alidougou (Sud-Ouest du Burkina-Faso). 8 terroristes avaient été tués et 38 autres avaient été interpellés (24 au BF et 14 en RCI).
Cela démontre que, plus d’un an après le début de l’infiltration du Nord ivoirien, les éléments des GAT disposent désormais d’un réseau d’informateurs et de capacités suffisantes pour mener des raids contre des cibles ivoiriennes.
L’attaque de Kafolo représente un tournant dans la mesure où ce sont les premiers combats armés sur le territoire ivoirien.
De nouvelles opérations militaires ivoiriennes ou conjointes avec les forces burkinabè devraient avoir lieu prochainement pour poursuivre la neutralisation des combattants djihadistes implantés dans la zone frontalière.
Le risque de nouvelles représailles ou offensives de la part des GAT demeure élevé dans la zone frontalière ivoiro-burkinabé.
RECOMMANDATIONS
Eviter tout déplacement dans le Nord de la Côte d’Ivoire frontalier du Burkina Faso, en particulier dans les régions du Tchologo (Kong, Ouangolodougou, Ferkéssédougou) et du Bounkani (Bouna, Doropo, Nassian, Téhini, Bolè).
Solliciter une escorte si déplacement impératif.
Vigilance accrue dans les lieux exposés sur Abidjan (hôtels, restaurants, centres commerciaux, plages).
Ambassade de France, Abidjan





