Le préfet du département de Sinfra (centre-ouest) a présidé, le mardi 20 octobre 2026, une réunion d’information et de sensibilisation consacrée à la lutte contre l’orpaillage illégal dans la région de la Marahoué.

La rencontre a été animée par le directeur régional des Mines et de l’Energie. Le préfet Kouamé Bouaki a exhorté les populations à s’impliquer activement dans la lutte contre ce phénomène. Il a indiqué que le gouvernement entend désormais appliquer une politique de tolérance zéro et faire preuve d’une extrême fermeté à l’égard des auteurs d’orpaillage clandestin et de leurs complices, qu’ils soient actifs ou passifs. 

La direction régionale des Mines et de l’Energie de la Marahoué par la voix du premier responsable a sensibilisé, les populations sur les causes et conséquences de l’orpaillage illégal. 

« L’orpaillage illégal est un fléau qui est en train de détruire notre pays à petit feu », a déclaré Sanogo Souleymane, lors d’une communication illustrée par des images saisissantes, parfois choquantes, montrant l’ampleur de la dégradation des sites touchés par cette activité dans la région. Pour lui, les causes de ce phénomène sont d’ordre naturel, économique et socioculturel. Il a notamment évoqué la richesse du sous-sol ivoirien en or, qui représenterait 35 % du potentiel aurifère de la sous-région, la valeur symbolique de l’or dans certaines sociétés traditionnelles, le vieillissement des vergers et la baisse des revenus agricoles. 

Le directeur régional des Mines a également relevé plusieurs facteurs ayant contribué à l’expansion et à l’aggravation de l’orpaillage clandestin, notamment les crises sociopolitiques successives des années 2000, la forte hausse du prix du gramme d’or, le manque d’information des populations concernées et l’existence de réseaux de complicité impliquant des financiers, des acheteurs, des trafiquants de mercure et de drogue, des prestataires de services, des propriétaires terriens, des chefs de village et des fonctionnaires. 

Toutefois, M. Sanogo a mis en garde contre les conséquences sociales et sécuritaires de l’orpaillage illégal, notamment la surpopulation dans les zones concernées, l’insécurité, la recrudescence de la consommation de drogue et de la prostitution, ainsi que les risques liés au financement de réseaux de blanchiment d’argent et de terrorisme. 

Les échanges ont mis l’accent sur la nécessité d’une mobilisation collective face aux conséquences de l’orpaillage illégal sur l’environnement, les terres agricoles et la sécurité des populations.

Selon les données communiquées lors de cette rencontre, 29 des 31 régions que compte la Côte d’Ivoire seraient touchées par l’orpaillage illégal. Cette activité entraînerait l’extraction clandestine de plus de 140 tonnes d’or par an, occasionnant un manque à gagner de plus de 744 milliards FCFA en recettes fiscales pour l’État ivoirien.

B.V.