Côte d’Ivoire / Représentation des femmes dans les assemblées élues : Des organisations dénoncent la « réticence » des partis politiques

Des organisations de défense des droits de la femme ont interpellé, le 19 janvier dernier, dans une déclaration dont nous avons reçue copie, le gouvernement et la Commission électorale indépendante (CEI) sur l’application de loi relative à la représentation des femmes dans les assemblées élues. 

Des lois améliorant l’accès des femmes aux assemblées élues ont été adoptées sous la houlette du président ivoirien Alassane Ouattara ces dernières années. Une politique volontariste reconnue au plus haut niveau par les organisations de défense des droits de la femme dont l’Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire (Ofaci), les Amazones du web, l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (Afjci), le Réseau des femmes journalistes professionnelles de Côte d’Ivoire (Refjpci) et le Réseau ivoirien des jeunes leaders pour l’intégrité (Rijli). D’ailleurs, elles n’ont  pas manqué de témoigner leur reconnaissance au chef de l’Etat et son gouvernement, à travers une déclaration commune.  Toutefois, ces organisations au regard de l’actualité politique, dominée par le dépôt des candidatures pour les élections législatives du 6 mars prochain  dénoncent « la réticence et la résistance des partis politiques et groupements politiques quant à l’application de la loi ».

Il ressort en effet de leur déclaration que « plusieurs organisations de défense des droits la femme ont été sollicitées par des femmes politiques dont les candidatures auraient été rejetées sur la simple base de leur statut de femme ». « Par ailleurs, la presse nationale a fait est large écho de la réunion tenue le 14 janvier 2021 entre la Commission électorale indépendante et les formations politiques, qui laisse entrevoir un risque de violation de la loi N°2019-870 du 14 octobre 2019 favorisant la représentation des femmes dans les assemblées élues », lit-on dans la déclaration.

 

Promotion des droits politiques de la femme

 

Aussi, ces organisations signataires de ladite déclaration ont exhorté tous les partis ou groupements politiques à la stricte et effective application de cette loi et interpellé le gouvernement ainsi que la CEI afin qu’ils œuvrent au respect de la loi, gage d’une meilleure représentation et participation politique des femmes, véritable indicateur de démocratie, de développement et de la bonne gouvernance.

La constitution du 8 novembre 2016 consacre trois articles à la promotion de la femme. Notamment, les articles 35 ; 36 et 37. En ce qui concerne la participation politique des femmes, l’article 36 dispose que « l’Etat œuvre à la promotion des droits politiques de la femme en augmentant ses chances d’accès à la représentation dans les assemblées élues.  Les modalités de cet article sont fixées par la loi’’. 

La promulgation de la loi N°2019-870 du 14 octobre 2019 favorisant la représentation de la femme dans les assemblées est la matérialisation des exigences de cette nouvelle constitution. Cette loi en plus de requérir désormais un quota minimum de 30% de femmes pour les scrutins uninominaux ou de liste, encourage les partis politiques et groupement politique par un financement public supplémentaire au cas où ils présenteraient 50% de femmes candidates.

En outre, les dispositions pertinentes de cette loi ont été intégrées au code électoral du 8 avril 2020 et le décret N° 2020-941 du 25 novembre 2020 portant modalités d’application de la loi 2019-870 du 14 octobre 2019 favorisant la représentation de la femme dans les assemblées élues, a été prise par le Président de la République.

A. A.