Côte d’Ivoire / « L'exil a été difficile », confie Damana Pickass après son retour, vendred i

L’exil n’est plus qu’un vieux souvenir pour Damana Adia Pickass et ses camarades du Front populaire ivoirien (Fpi). Rentré en Côte d’Ivoire, le 30 avril, Damana Adia Pickass n’a pas tardé à donner les vraies raisons de son retour sur les bords de la lagune Ebrié.

Le vendredi à son arrivée au siège du Front populaire ivoirien (Fpi) tendance Gbagbo ou rien, Damana Adia Pickass, connu pour son franc-parler avait l’air ramolli. Les 10 années passées hors des frontières de la Côte d’Ivoire semblent avoir eu un impact sur son langage. D’un ton calme et posé, il donne les raisons de son retour.

« L'exil a été difficile, il y a même eu la mort mais il a fallu que nous survivions et nous avons survécu. Le président Laurent Gbagbo a mené une bataille difficile et après dix ans, nous l’avons remportée. Depuis le 31 mars, le président a été acquitté. Donc nous sommes venus pour préparer son arrivée en Côte d'Ivoire. A partir de cet instant, notre position en exil était inopérante. Et en accord avec la direction du parti, le président nous a demandé de rentrer en Côte d'Ivoire », a déclaré Damana Adia Pickass.

Il avait à ses côtés, Justin Katinan Koné, Etienne Tahi, Jeannette Koudou, Véhi Tokpa, Innocent Abouo, tous rentrés d’exil, le vendredi. Ce retour des 6 exilés pro-Gbagbo a été rendu possible grâce aux négociations entre les gouvernements ivoirien et ghanéen, chapeautées par le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (Hcr).

Ces exilés vivaient au Ghana, pays voisin et certains étaient poursuivis par la Justice ivoirienne. Justin Koné Katinan, par exemple, était visé depuis plusieurs années par un mandat d’arrêt.

 

Ce qui est réservé à Katinan Koné

 

Revenu d’exil, depuis le vendredi 30 avril 2021, l’ancien ministre du Budget de Laurent Gbagbo avait une épée de Damoclès sur sa tête en Côte d’Ivoire. Le procureur Richard Adou a fait des éclairages sur la situation judiciaire du porte-parole de Laurent Gbagbo, lors d’une conférence de presse tenue ce même vendredi 30 avril au palais de justice du Plateau. Accusé d’avoir été impliqué dans le casse de la Bceao, Koné Katinan avait écopé de 20 ans de prison avec une amende de 329 milliards de FCFA en janvier 2018. Une affaire qui a eu lieu en 2010-2011. Pour le procureur, Koné Katinan a été blanchi avec les 799 autres   personnes qui ont été amnistiées par le président Alassane Ouattara le 6 août 2018. Il a fait comprendre à la presse qu’« à part les militaires, les mercenaires et les groupes armés, je pense que tous ceux qui ne font pas partie de cette catégorie, ont été amnistiés par le président de la République. Et je pense que Koné Katinan fait partie de ceux-là ». Le 18 janvier 2018, le Tribunal d'Abidjan a condamné Laurent Gbagbo, l'ancien président ivoirien et trois de ses ministres dont Justin Katinan Koné à 20 ans de prison dans l'affaire dite casse de la Bceao pendant la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011.

F. N.