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A la suite de la présentation par le gouvernement de son projet de nouvel organe de gestion des élections, le président du Renouveau démocratique, Lamoussa Djinko, affiche une opposition sans ambiguïté. Pour le dirigeant politique, la réforme proposée est loin de répondre aux véritables défis de la démocratie ivoirienne. Il appelle à une transformation en profondeur des institutions plutôt qu'à un simple remplacement de la Commission électorale indépendante (CEI).

Selon lui, le débat ne peut se limiter à la création d'un nouvel organe électoral. Il estime que les difficultés du processus démocratique en Côte d'Ivoire trouvent leurs racines dans l'histoire politique du pays. Revenant sur les décennies ayant suivi l'indépendance, Lamoussa Djinko soutient que la tenue régulière d'élections ne suffit pas à qualifier un Etat de démocratique. A ses yeux, une véritable démocratie repose sur le pluralisme politique, la liberté du débat d'idées et la confrontation de projets de société, des principes qui, selon lui, n'ont pas toujours été pleinement garantis.

Le président du Renouveau démocratique rappelle également que les combats en faveur du multipartisme et des libertés politiques ont marqué l'histoire récente du pays. Il estime que les différentes crises politiques ont démontré que la démocratie ivoirienne demeure encore fragile et inachevée.

Au-delà du fonctionnement de la future autorité électorale, Lamoussa Djinko cible la Constitution, qu'il considère comme l'une des principales sources des blocages institutionnels. Il évoque notamment les modifications constitutionnelles intervenues au fil des années, estimant qu'elles ont souvent été dictées par des considérations politiques plutôt que par la volonté de consolider les institutions. Il appelle à des mécanismes empêchant toute modification opportuniste de la Loi fondamentale afin de garantir une véritable stabilité démocratique.

Autre point de préoccupation soulevé par le leader politique : le fonctionnement du Conseil constitutionnel. Il critique le mode de désignation de son président par le chef de l'Etat, estimant que cette procédure compromet l'indépendance de cette institution appelée à arbitrer les contentieux électoraux. Il regrette également ce qu'il qualifie de concentration des pouvoirs autour de l'exécutif, avec une Assemblée nationale qui, selon lui, joue insuffisamment son rôle de contre-pouvoir.

S'agissant de la dissolution de la CEI et de son remplacement, Lamoussa Djinko considère que le gouvernement ne peut, à lui seul, définir les contours du futur organe électoral. Pour lui, une telle réforme doit résulter d'un consensus national associant l'ensemble des forces politiques et sociales.

Le président du Renouveau démocratique insiste par ailleurs sur la nécessité de régler définitivement la question de la nationalité, qu'il juge indissociable du processus électoral. Selon lui, les difficultés récurrentes liées à l'identification des citoyens et à l'établissement de la liste électorale trouvent leur origine dans un débat jamais totalement tranché sur les critères d'appartenance à la nationalité ivoirienne.

En conclusion, Lamoussa Djinko rejette l'idée d'une réforme limitée au seul organe électoral. Pour son parti, la Côte d'Ivoire a besoin d'une refondation institutionnelle englobant la Constitution, la justice, les mécanismes électoraux et les institutions de contrôle. A 65 ans d'indépendance, affirme-t-il, le pays ne peut plus se satisfaire de réformes qu'il qualifie de « cosmétiques », mais doit engager une transformation profonde de son système démocratique.

A.K.