Côte d’Ivoire / Affi « supplie Ouattara, Bédié et Gbagbo de donner une chance à la paix »

Le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan, a été récemment le lauréat du prix de la Fédération internationale pour la paix, la presse et le développement en Afrique (Fippda). Il a fait des propositions sur le renforcement de la paix en Côte d’Ivoire.  Ci-dessous, des passages de son allocution.

« En dépit de ses performances économiques et de ses réalisations, la Côte d’Ivoire est malade des dissensions entre ses fils, des désaccords et des divergences, des divergences sur les valeurs fondatrices d’une conscience commune, d’une volonté de vivre-ensemble dans la tolérance, la communion et la cohésion. Il faut rompre le cycle infernal des violences en Côte d’ivoire. Il faut mettre fin aux divisions, réconcilier la nation avec elle-même afin d’imposer la paix et bâtir une nation forte. Si la Côte d’ivoire ne s’est jamais réconciliée, c’est parce que les Ivoiriens ne l’ont jamais ardemment désiré et les dirigeants ne l’ont jamais sincèrement et loyalement voulu. Nous en parlons tous et beaucoup, mais toujours pour moins la faire. Comme si les mots pouvaient remplacer les actes. Et les actes n’ont malheureusement jamais suivi. La Côte d’Ivoire n’a en réalité jamais su s’aimer. S’aimer comme une nation. Ses enfants ont obstinément ignoré cette mise en garde du pasteur Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères et sœurs, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ». D’autant qu’au-delà même de nos divisions, l'environnement sécuritaire est menaçant et fait courir au pays un risque immense, la menace terroriste. Le temps ne peut plus être aux petites personnes, aux petits intérêts, aux petits calculs, aux petites manœuvres, guidés par des égos surdimensionnés. Faisons collectivement et individuellement preuve d’esprit de responsabilité. Chacun de nous doit jouer sa partition, adopter cette posture d’humilité que nous enseignent  les textes sacrés. Il appartient aux hommes de Dieu d’ouvrir le chemin, parce qu’ils portent un message d’amour, de pardon, de paix et de réconciliation. Il y a les deux anciens présidents de la République : Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo et l’actuel, Alassane Ouattara. Je les supplie de donner une chance à la paix. Je les appelle à pardonner pour se réconcilier. Sans leur bonne foi, sans leur engagement résolu, la Côte d’Ivoire ne brisera pas les chaines du passé. S’ils acceptent de fumer le calumet de la paix, dans leur sillage, un mouvement national s’enclenchera, à travers une dynamique de décrispation et de fraternisation entre les partis politiques, les communautés ».

 

Propos retranscrit par

D.F.B.