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La Côte d’Ivoire se dit disposée à renouer la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso, estimant que la lutte contre le terrorisme ne peut être efficace sans une action concertée entre les Etats de la sous-région. C’est le message lancé ce mardi par le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, en marge du salon international de la défense Eurosatory, organisé à Villepinte, près de Paris.

Alors que le Mali et le Burkina Faso restent confrontés à une insécurité persistante marquée par les attaques des groupes jihadistes, le ministre ivoirien a plaidé pour une relance de la coopération régionale, aujourd’hui au point mort entre Abidjan et ses deux voisins sahéliens.

« Le terrorisme, tel qu’il se présente actuellement, ne peut être vaincu par un seul Etat. Il faut une mutualisation des moyens et une collaboration étroite entre les pays concernés », a-t-il affirmé à l'AFP.

Téné Birahima Ouattara a notamment regretté l’interruption des discussions engagées avec le Burkina Faso en vue d’opérations conjointes de sécurisation des frontières. « Il y a eu un arrêt brutal de cette dynamique en juin 2024. Depuis, il n’y a plus rien. Pourtant, ce type de partenariat demeure souhaitable pour faire face à la menace terroriste », a-t-il indiqué, se déclarant prêt à reprendre cette coopération si Ouagadougou et Bamako en expriment la volonté.

Les relations entre la Côte d’Ivoire et ses voisins sahéliens se sont dégradées ces dernières années dans un contexte de recomposition géopolitique régionale, marqué par l’arrivée au pouvoir de régimes militaires au Mali et au Burkina Faso et leur éloignement progressif de plusieurs partenaires traditionnels, dont la France.

Malgré la proximité des groupes armés actifs dans le sud du Mali et du Burkina Faso, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, la Côte d’Ivoire n’a plus enregistré d’attaque terroriste meurtrière sur son territoire depuis 2021.

Les autorités ivoiriennes attribuent cette situation à la combinaison d’un important dispositif sécuritaire et d’une politique de développement menée dans les régions frontalières du Nord. Selon le ministre de la Défense, près de 3.000 militaires sont actuellement déployés dans cette zone stratégique.

« Nous avons très tôt compris que la réponse devait être à la fois militaire et économique. La pauvreté et le manque de perspectives constituent un terrain favorable à l’implantation du terrorisme », a-t-il souligné.

Le vice-Premier ministre a par ailleurs réaffirmé la solidité du partenariat entre Abidjan et Paris dans le domaine de la défense. Formation des forces, partage du renseignement et équipements militaires figurent parmi les principaux axes de cette coopération que le ministre qualifie d’« exemplaire ».

Cette ouverture affichée envers les pays de l’Alliance des États du Sahel intervient dans un contexte de recrudescence des attaques jihadistes dans la région et relance le débat sur la nécessité d’une réponse sécuritaire coordonnée à l’échelle ouest-africaine, au-delà des divergences politiques actuelles.