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Après plusieurs semaines de fermeture, la Rotonde des arts, située au Plateau, a rouvert ses portes le 4 mars 2026, à l’occasion du vernissage de l’exposition ‘‘Eclats de couleurs. Franck-Philippe N’Dia et Ceko Nihckasson Diabaté’’. Cette exposition conjointe des deux artistes peintres qui a rassemblé de nombreux acteurs du monde artistique et culturel, marque la reprise des activités de la Rotondes des arts. Artistes, critiques d’art, collectionneurs et amateurs de peinture ont répondu présents à l’invitation de la Rotonde des arts pour découvrir les œuvres des deux créateurs dont les démarches esthétiques, bien que différentes, se rejoignent dans une exploration originale des matériaux et des formes contemporaines.

À l’entame du vernissage, le Professeur Yacouba Konaté, Directeur de la Rotonde des arts, a expliqué les raisons ayant motivé la sélection de ces deux artistes dont les toiles seront exposées sur les murs de la galerie du 4 au 28 mars. Selon lui, la confrontation de leurs univers permet de mettre en lumière la vitalité de la création contemporaine ivoirienne. Il s’agit à l’en croire de montrer comment deux démarches artistiques différentes peuvent dialoguer et enrichir le regard du public sur l’art.

Les œuvres de Franck‑Philippe N'Dia ont particulièrement retenu l’attention des visiteurs. Sa démarche artistique s’inscrit dans une approche inspirée du pop art. L’artiste choisit délibérément de ne pas ajouter davantage au tumulte visuel d’un monde déjà saturé d’artefacts. Il privilégie plutôt l’utilisation d’objets « retrouvés », selon la formule du sculpteur sénégalais Mustaphé Dimé. Dans ses compositions, N’Dia détourne notamment le tissu-pagne, élément emblématique de la culture populaire africaine. En le retirant de son usage vestimentaire pour l’intégrer dans le registre de l’art contemporain, l’artiste lui confère une nouvelle dimension esthétique. Ce geste rappelle certaines explorations du célèbre artiste nigéro-britannique Yinka Shonibare, connu pour avoir utilisé le wax dans des mises en scène inspirées de l’univers aristocratique britannique.

De son côté, Ceko Nihckasson Diabaté propose une démarche qui évoque celle de l’arte povera, ce courant artistique apparu en Italie au XX siècle et qui privilégie l’utilisation de matériaux modestes ou issus des rebuts de la société industrielle. À travers ses œuvres, l’artiste explore la richesse organique de ces matériaux et leur potentiel esthétique. Ses compositions, à la fois brutes et expressives, invitent le spectateur à porter un regard nouveau sur des éléments souvent considérés comme insignifiants. Cette approche, qui valorise la matière et la transformation, témoigne d’une réflexion sur la société contemporaine et sur la capacité de l’art à révéler la beauté là où on l’attend le moins. Tout au long de la soirée, les visiteurs ont arpenté les murs de la Rotonde des arts, échangeant avec les deux artistes et commentant les œuvres exposées.

Abou Adams