Côte d'Ivoire / Dr Oussou Rémi sort de sa réserve : « Oui, je suis un défenseur engagé du président Alassane Ouattara et sa vision pour la Côte d’Ivoire »
Enseignant-chercheur à l’Université Alassane-Ouattara de Bouaké, au département d'Anthropologie et Sociologie, depuis juin 2012, auteur et consultant, Dr Rémi Oussou Kouamé est également une voix intellectuelle engagée dans le débat public ivoirien. Observateur attentif de la vie politique et initiateur de plusieurs initiatives de soutien au président Alassane Ouattara, il assume pleinement son positionnement. Dans cet entretien sans détour accordé à Cheikh Ismaël, il revient sur son parcours universitaire, son engagement politique, la polémique autour de l’affaire dite « Epstein », la présidentielle de 2025, la question de la relève politique et les défis sociaux auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée.
Comment vous est-il venu, l’idée de vous intéresser au président ALasqane Ouattara ?
J’ai commencé à m’intéresser au Président Alassane Ouattara depuis 1990, lorsqu’il était venu pour la première fois en Côte d’Ivoire pour être Premier ministre. Néanmoins, j’étais trop préoccupé par mes études pour m’engager directement à ses côtés dans la politique. Néanmoins, je suivais ses actions de près. A cette époque, je venais d’entrer fraîchement à l’université et en tant qu’étudiant, nous étions parmi les premiers à subir les mesures de restrictions économiques dont il avait la charge, notamment la suppression des cars. J’avais toutes les raisons de me plaindre, mais je compris avec un peu de recul que s’il devait réussir sa mission, il lui fallut prendre des décisions parfois difficiles. Alors, ce qui m’a particulièrement plu chez lui, c’est sa vision et sa capacité à de prise de décisions. J’ai compris par-là que lorsqu’on est à un certain niveau, on est obligé de faire des arbitrages, en tenant compte de l’intérêt du plus grand nombre et qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde et que, pour cela, on sera nécessairement critiqué. A la suite du Président Alassane Ouattara, j’ai commencé à faire quelques publications sur son frère cadet, Téné Birahima Ouattara, aujourd’hui Vice-premier ministre et ministre de la défense, affectueusement appelé Photocopie.
Lorsque la polémique dite de « l’affaire Epstein en Côte d’Ivoire » a été évoquée, vous avez rapidement pris position pour défendre la nièce du Chef de l’État. Qu’est-ce qui a motivé votre réaction aussi rapide ?
Lorsque cette affaire dite « l’affaire Epstein » a éclaté au grand jour, il se trouve que le nom de Nina Keita, directrice générale adjointe de Gestoci et nièce du président Alassane Ouattara a été cité, comme ayant servi d’intermédiaire entre le richissime homme d’affaire yanki et certains hauts fonctionnaires de l’administration du président Alassane Ouattara, y compris lui-même. J’ai décidé de prendre position car depuis lors, l’opposition a commencé à en faire ses choux gras. Elle était en train de profiter d’une situation pour accabler indirectement le Président Alassane Ouattara et sa gouvernance. Alors même que sa culpabilité n’a jamais été établie, certains responsables de l’opposition exigeaient, je dis bien exigeaient sa démission. Que faisons-nous de la présomption d’innocence ? Les proportions que cette affaire prenait, exigeaient que quelqu’un prenne la défense de cette jeune dame qui ne pensait pas à mal en faisant des efforts pour rechercher des opportunités pour son pays.
En 2025, alors que l’opposition était fortement mobilisée contre la candidature du président de la République, vous l’avez soutenue sans réserve. Quelles sont les raisons profondes de ce soutien ?
C’est vrai, 2025 était l’année de tous les dangers, à cause de l’élection présidentielle qui se profilait et qui captait toutes les attentions et cristallisa toutes les tensions. Il faut souligner qu’il y a eu pas mal d’oppositions de la part de certains partis dits de l’opposition, notamment le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de l’ex-président Laurent Gbagbo qui a fait du supposé 4e mandat, son principal point de son combat. Je dis supposé 4e mandat car en réalité, il s’agit du second mandat de la 3ème République. Alors, tous ces éléments et bien d’autres qui légitimaient et validaient la candidature du Président Alassane devaient être défendus. Dans ce cadre, nous avons lancé un certain nombre d’initiatives : la création de la plateforme du Club des Amis du Noble ADO (CADO) depuis janvier 2024, pour soutenir la vision du président Alassane Ouattara ; la conférence internationale sur le président Alassane Ouattara, intitulée « Alassane et l’histoire. Perspectives », le 23 novembre 2023, au Palme Club ; le projet de paiement de la caution du Prado ; la conférences publiques dans 9 localités du Grand Abidjan et de l'intérieur, pour expliquer et soutenir les acquis du Président Alassane Ouattara, acquis que nous devions à tout préserver ; le colloque international sur le président Alassane Ouattara, les 23 et 24 avril dont la préparation est en cours.
Pour certains de ses partisans, le président Alassane Ouattara aurait accompli plus pour la Côte d’Ivoire que ses prédécesseurs réunis. Partagez-vous cette analyse ?
Je partage, effectivement, l’idée que le président Alassane Ouattara a accompli plus pour la Côte d’Ivoire que ses prédécesseurs réunis, excepté Félix Houphouët-Boigny, le Père fondateur. A voir ce que le président Alassane Ouattara a fait en quelques 14 années, on aurait dit que le passage de ses prédécesseurs à partir de 1993, avec la disparition du Père de la nation, n‘ont été que des intermèdes. En matière de gouvernance, on sait que comparaison n’est pas raison, car les circonstances sont différentes, mais la gouvernance du président Alassane Ouattara se démarque largement par les transformations techniques et structurelles initiées pour faire de la Côte d’Ivoire une nation moderne et résiliente. Ils ont, certes, poser quelques jalons qu’on ne peut ignorer, mais le président Alassane Ouattara demeure le champion de tous les temps en matière d’innovation et de transformation.
Votre engagement politique en faveur du président Ouattara est souvent perçu comme très intense, voire passionné. Qu’est-ce qui nourrit une telle détermination ?
Je vous l’ai dit un peu plus haut. Le président Alassane Ouattara est l’artisan de la Côte d’Ivoire moderne. A ce titre, il a besoin d’être soutenu et encouragé avec toute notre énergie à moins qu’on ne soit pas Ivoirien ou qu’on n’aime pas son pays. En dépit de mes séjours plus ou moins prolongés à l’étranger et les conditions favorables dans lesquelles je vivais en Allemagne (4 ans), au Japon (2 ans) et aux USA (10 mois), je ne me suis vraiment senti à l’aise qu’en Côte d’Ivoire. Alors, si on a un président qui prend à cœur les préoccupations, les besoins et attentes de nos populations, nous devrions plutôt bénir Dieu au lieu de se mettre dans la contestation permanente.
Dans les cercles politiques proches du RHDP, le nom du frère du président Ouattara est parfois évoqué comme une éventuelle relève. Si ce scénario se confirmait, seriez-vous prêt à le soutenir ?
Oui, si Téné Birahima Ouattara, Vive-premier ministre et ministre de la Défense, venait à être désigné comme dauphin, je suis prêt à la soutenir comme je soutiens actuellement le président Alassane Ouattara, du moment qu’il poursuit son œuvre, c’est-à-dire sa vision et sa politique.
L’ère des grandes figures comme Ouattara, Bédié et Gbagbo touche progressivement à sa fin. Comment imaginez-vous la transition entre les caciques de la vieille garde et la nouvelle génération politique ?
Lors de l’annonce de sa candidature à la présidentielle, en juillet de l’année dernière, le président Alassane Ouattara a évoqué le terme de transmission générationnelle. Il a dit, en substance, que son nouveau mandat serait placé sous le signe de la transmission générationnelle. Il a d’ailleurs commencé à mettre en pratique ce concept lors du dernier remaniement ministériel, non seulement en gardant tous ses jeunes ministres et en remplaçant les caciques par de plus jeunes. Alors, contrairement à ses détracteurs, le président Alassane Ouattara prend la question de la relève très à cœur.
Lors des dernières législatives, le RHDP a choisi de s’engager pleinement dans les batailles électorales et remporte une brillante majorité. On a également assisté à une percée remarquable des candidats indépendants, tandis que le PDCI a vu son poids relatif diminuer. Quelle lecture politique faites-vous de cette nouvelle configuration parlementaire ?
Comme lors des échéances électorales passées, le parti présidentiel, le RHDP s’est déployé sur toute l’étendue du territoire national. C’est d’ailleurs ce qui fait se force. Contrairement au PDCI parti historique dont l’influence s’est progressivement réduite comme une peau de chagrin au fil des années, depuis la perte du pouvoir en 1999, le RHDP ne fait que monter en puissance chaque année un peu plus. Toutefois, il faut remarquer que dans certaines localités, les indépendants l’ont largement remporté sur des candidats désignés par leurs partis d’affiliation, ce qui pose explicitement le problème de désignation des représentants des partis, qui doit se faire en tenant compte de leur présence effective sur le terrain, au risque de mettre en péril la crédibilité des partis.
L’opposition peut-elle réellement rebondir malgré les difficultés qu’elle a connues ces dernières années ?
Si l’opposition ne fait rien pour corriger l’image qu’elle projette depuis plusieurs années, il lui sera difficile, sinon impossible de rebondir, comme vous le dites. Si elle n’agit pas avec coordination et maturité, elle passera tout son temps à pointer du doigt les imperfections du régime au lieu de mettre en place une véritable stratégie de mobilisation, en vue de la reconquête du pouvoir d’Etat. Je comprends qu’en agissant ainsi, elle joue en partie son rôle, celui de servir de contre-pouvoir au régime, mais en le faisant, elle se perd en conjectures, alors qu’elle pourrait utiliser toute cette énergie et ces compétences pour contrecarrer le RHDP.
Sur le terrain social, les populations dénoncent la cherté de la vie, la hausse vertigineuse des loyers et celle des denrées de première nécessité, sans oublier les inquiétudes liées au cours du cacao. Que répondez-vous à ces préoccupations ?
On est conscient que le président Alassane Ouattara affiche un vigoureux bilan social. Toutefois, certains sujets comme la cherté de la vie, la hausse des loyers et la crise récente du cacao sont de nature à mettre la population en émoi. En parlant de la vie chère, je dirais que c’est, certes, une problématique qui toute tous les pays mais que le gouvernement fait tout pour atténuer les effets néfastes de cette conjoncture internationale. Je me demande bien si les différentes primes sur les salaires des fonctionnaires n’avaient pas été accordées que serait la situation ? La question mérite d’être posée d’autant que toutes ces mesures font partie de la stratégie globale de lutte contre la vie chère. Pour ce qui est de la crise cacaoyère, il est à espérer que des mesures appropriées soient prises par le nouveau ministre de l’agriculture pour réduire les effets néfastes de cette crise.
Beaucoup estiment que certains comportements politiques fragilisent la stabilité du pays. Partagez-vous cette inquiétude ?
Je ne sais pas à quels comportements politiques vous faites allusion mais la paix et la stabilité demeurent les piliers incontestables de la croissance et de l’amélioration des conditions d’existence. Et si nous avons atteint ce niveau que tout le monde nous envie, c’est parce que, contrairement à la période précédente, nous avons vécu dans la paix et la stabilité. Alors, il faudra chaleureusement remercier les forces de l’ordre et les forces de défense qui mettent leur vie en danger pour protéger la nôtre.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Ivoiriens ?
Les Ivoiriens doivent continuer à accorder leur confiance au Président Alassane Ouattara et à ses collaborateurs. Il a déjà prouvé maintes fois qu’il est exactement celui qu’il faut pour la Côte d’Ivoire en ce moment et encore pour les cinq années à venir, après tout ce que nous avons traversé comme crises.





