C'est un grand défi auquel s'attaque le Père Basile Diane, curé de la paroisse catholique d'Adjahui-Coubé dans la commune de Port-Bouët. Depuis deux ans, soutenu par des amis réunis au sein d'une fondation en constitution dénommée Boukami, ce prêtre catholique du diocèse de grand Bassam travaille pour une autonomisation des femmes et surtout pour la prise en charge scolaire des enfants orphelins et en situation de précarité. 

L'an dernier, il a pu ouvrir un collège social en leur faveur, le collège saint Paul du Jubilé de Bakro, et cette année cet ambitieux programme humanitaire innovant qu'il a initié, va franchir un autre cap. Le père Basile Diané va ouvrir à Bakro dans le département d'Aboisso, un centre d'accueil de type particulier d'une capacité de 109 places pour permettre aux enfants orphelins, aux déscolarisés et à tous les jeunes en situation de précarité, d'avoir les mêmes chances de réussite scolaire que leurs amis de même génération qui ont le bonheur de bénéficier du soutien de leurs parents encore en vie.

Avec des moyens limités mais fort de sa détermination, il a décidé pour cette année de sélectionner 25 enfants et jeunes issus de familles défavorisées pour leur donner une formation scolaire, humaine et spirituelle intégrale. A l'issue d'une rencontre tenue, le dimanche dernier avec les parents et les heureux sélectionnés sur la base de l'indigence et de la vulnérabilité de leur famille, le père curé humanitaire a tenu à lancer un appel à l'aide.

« C'est vraiment un acte de folie en Christ et un grand défi que je me suis lancé. Donner la chance de réussir à tous les enfants même pauvres en les mettant dans les conditions optimales de réussite. La nouveauté radicale est que les enfants seront accueillis dans le complexe de style familial que j'ai fait construire. Ils seront intégrés dans une grande famille dont je serai le père. Ils auront des mamans et toute une grande famille de bénévoles pour les encadrer. Ils seront logés nourris, scolarisés, blanchis et soignés gratuitement. Je dis bien gratuitement. Avec quels moyens ? Tout ce qu'on m'offrira et tout ce que je reçois comme dons. J'ai décidé de me sacrifier pour toute une génération conformément à ma vocation de prêtre. Je voudrais profiter de votre espace pour lancer un appel à l'aide. Ce projet si noble et ambitieux qui devrait même être acclamé et soutenu, je vous l'avoue, souffre d'une grande indifférence qui me dépasse. Faire du bien, s'engager dans les actions sociales et humanitaires n'est vraiment pas encore dans notre culture. C'est aussi l'un de mes combats, que de vraies causes nobles puissent mobiliser. Voyez-vous, tous ces enfants présents à cette réunion sont en grande souffrance, abandonnés après le décès du père ou les parents étant réduits à la misère après un licenciement ou un déguerpissement. Nous avons une capacité de 109 chambres mais nous ne pourrons prendre que 25 pour cette année à cause de la rareté des dons. Les enfants seront "bloqués" pendant 10 mois pleins pour être instruits formés et éduqués. C'est un gros challenge qui repose à 80% sur les dons que je reçois. Je voudrais lancer un appel à l'aide pour nous apporter vivres et non vivres. Le budget mensuel par enfant est de 125.000 Fcfa par mois. Faites le calcul pour 25 enfants sur 10 mois sans interruption par des congés et vous comprendrez qu'il nous faut des dons pour nous permettre de relever cet immense défi ».

Vivement que cet appel de ce prêtre au grand cœur soit entendu par des influenceurs et relayé même au-delà de nos frontières.

Une correspondance de C.T.