Les femmes des zones rurales de Sassandra sont particulièrement confrontées aux difficultés de prévention et de dépistage du cancer du sein, en raison notamment du manque d’information et de la faible fréquentation des centres de santé, a indiqué le président du conseil d’administration de l’ONG Femme, Famille et Solidarité, Aimé Kokora, lors d’un point de presse mercredi 14 octobre 2026 à Sassandra. 

Aimé Kokora a relevé la présence de plusieurs cas suspects ou avérés de cancer du sein dans la région du Gbôklè, particulièrement dans les zones rurales de Sassandra. 

« Dans la région du Gbôklè en général et en particulier dans la ville de Sassandra, nous avons plusieurs cas. La plupart des cas sont dans les zones rurales », a-t-il déclaré. Selon lui, le manque d’information sur la maladie et la réticence de certaines femmes à fréquenter les centres de santé pour se faire dépister constituent des obstacles majeurs à une prise en charge précoce. 

Ce constat a été fait à l’occasion d’activités de sensibilisation menées conjointement avec le district sanitaire de Sassandra, notamment dans le village de Keïtadougou, au quartier Fanti de Sassandra et à Kadrokpa 2, communément appelé "Nouveau village". 

Aimé Kokora a également évoqué les difficultés d’accès aux structures sanitaires dans certaines localités, citant le cas de Keïtadougou, où l’absence d’un centre de santé à proximité constitue un obstacle supplémentaire avant la construction d’un établissement sanitaire dans le village voisin de Djoroplo. 

Le PCA de l’Ong ‘’Femme, Famille et Solidarité’’ a, par ailleurs, souligné que l’absence de pièces d’identité chez certaines femmes en milieu rural contribue à leur éloignement des services de santé. Cette situation alimente les craintes liées aux formalités administratives et peut entraver le suivi sanitaire, notamment pendant la grossesse. 

« Les femmes du milieu rural sont souvent dépourvues de pièces d’identité. Elles ont peur qu’on leur demande des papiers pour la prise du carnet mère-enfant lorsqu’elles tombent enceintes », a-t-il souligné, déplorant également le non-respect du planning familial et le rapprochement des naissances dans certaines familles. 

Face à cette situation alarmante, le responsable associatif plaide pour la construction d’un centre spécialisé dans le dépistage du cancer du sein afin de faciliter l’accès des femmes aux examens et à une prise en charge adaptée. Il a déploré enfin le recours de certaines patientes des zones rurales, âgées de 30 à 40 ans, aux traitements traditionnels, au lieu de se tourner vers les structures sanitaires.

B.V.

Correspondant régional