L’Intelligence économique, et si on en parlait !
Qu’est-ce que c'est et d’où vient cette notion, est-elle récente l'Afrique
Voilà autant de questions que l’on se pose
Pour le moment, elle n’est encore pas populaire dans les milieux politiques, scolaires et académiques sous nos cieux. Elle est certainement en état de latence. Il suffirait comme d’habitude d’une conférence internationale au cours de laquelle on exigerait à l’Afrique de s’en approprier et nous en serons inondés. L’intelligence économique fait son bout de chemin. Cependant, pour en parler, il faut en saisir le sens.
Selon la définition officielle, L’intelligence économique (IE) désigne l’ensemble des pratiques organisées de collecte, d’analyse, de protection et de diffusion de l’information stratégique afin de soutenir la compétitivité des États, des entreprises et des organisations.
Certains auteurs nous disent qu’elle est d’origine anglaise ; nul ne doute qu’elle soit partie d’un point A, loin du continent africain pour parcourir les grandes capitales occidentales et asiatiques. Les pays qui ont réussi à comprendre son fonctionnement sont ceux qui jouissent des systèmes d’information et de renseignements aigus. L’intelligence économique n’est pas de l’espionnage. Si l’espionnage est une pratique clandestine et illégale qui consiste à obtenir des informations de manière secrète, frauduleuse ou illégale et sans le consentement de la cible, l’intelligence économique est une démarche légale et stratégique qui se fait dans le respect de la loi.
Quelle formation faut-il suivre pour pouvoir en parler ? Retenons seulement qu’elle est multidisciplinaire et ne peut être réduite uniquement aux sciences économiques.
Dans les milieux ivoiriens, la collecte, l’analyse et la diffusion d’informations font l’objet de discours, de conférences. Mais a-t-on conscience de sa valeur, de son apport dans le développement de l’Afrique ?
La notion est certes récente pour les pays qui n’ont pas fait de la recherche scientifique et de l’innovation la base de leur développement. Alors qu’aux États –Unis, elle a été utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, leur permettant d’exploiter des informations sur l’ennemi et d’anticiper sur leurs prises de décisions stratégiques. Dira-t-on que le lâcher des bombes sur le Japon est la résultante de cette anticipation, tout comme la course à l’espace face à l’URSS ?
La culture du renseignement est un défi pour la pratique de l’IE, surtout le ‘’renseignement économique’’. Bien entendu, il faut disposer d’une technologie de pointe.
Cette anticipation n’a-t-elle pas permis aux grandes puissances économiques d’être en avance sur l’Afrique ?
N’est-ce pas cette stratégie qui leur permet d’anticiper en fixant le prix de nos matières premières et de nous imposer leur point de vue.
Dr Koffi Ignace
Chercheur, Institut d’Histoire, d’Art et d’Archéologie Africains
Université Felix Houphouët-Boigny





