Déguerpissement à Abidjan / Cissé Bacongo, ministre gouverneur : « J’assume pleinement ce que je fais »
Un an après sa nomination à la tête du district autonome d’Abidjan, le ministre gouverneur a fait le point de ses actions. Cissé Bacongo estime que « les résultats obtenus sont plutôt encourageants ».
Depuis sa prise de fonction au district autonome d’Abidjan, le 2 janvier 2024, le ministre gouverneur a mené plusieurs actions dans le cadre de sa mission : restaurer l’ordre urbain en vue d’améliorer le cadre de vie et le bien-être des populations du district autonome d’Abidjan mais aussi créer les conditions qui vont permettre d’accélérer le développement économique. Hier devant la presse nationale et internationale, Cissé Bacongo a fait le bilan de ses actions avant de dévoiler les défis qui l’attendent pour cette année 2025.
Face au désordre urbain occasionné par la présence des quartiers précaires, des commerces exubérants, des installations anarchiques, des fumoirs, lieux de débauche à moindre coût, des gares routières fantaisistes installées sur les grandes artères sans autorisation, des mesures fortes ont été engagées. Il s’agit du traitement des zones à risque identifiés par le plan Orsec, la gestion des espaces publics illégalement occupés et la libération des voies publiques occupées par les mendiants, les charretiers et les taxis appelés woro-woro. C’est ainsi que 26 sites sur 171 ont fait l’objet de traitement d’urgence notamment Colombie, Boribana, Gesco. Le ministre Bacongo informe qu’avant ses actions de terrain, il a entamé une série de rencontres avec les populations du district et un cadre de collaboration est né de leurs échanges. Pareil avec les maires d’Abidjan. « Je ne ménage aucun effort pour avoir l’adhésion de mes pairs », a-t-il précisé. « J’assume pleinement ce que je fais. Toutes ces actions ont fait l’objet de sensibilisation préalable. On nous a reproché un manque d’humanisme par les politiciens de dimanche. Notre seule préoccupation, notre seule obsession, c’est la préservation des vies humaines et la sécurité avant même la salubrité. Nous avons choisi la vie et non la mort », a confié le ministre gouverneur. Qui se réjouit du fait que « des pays étrangers se sont inspirés de ce que nous avons fait à Abidjan. Le Niger a décidé de renvoyer tous les mendiants dans leurs villages respectifs ». A l’en croire, « les résultats obtenus sont plutôt encourageants. Les populations nous font part de leur satisfaction et nous encouragent à continuer », informe-t-il.
En termes d’infrastructure, Cissé Bacongo fait noter l’aménagement de la baie du Banco transformée en pôle économique et touristique avec un marché de fruits et légumes de près de 600 places, la grande mosquée d’Adjamé qui fait peau neuve avec la construction 51 magasins pour 51 commerçantes et l’aménagement de 228 hectares à Anyama pour le nouveau parc à bétail. Plusieurs actions sociales sont également à son actif notamment le prix Alassane Ouattara pour les jeunes entrepreneurs qui va passer de 200 millions cette année à 300 millions de francs Cfa, l’année prochaine, l’appui aux chefs traditionnels atchan et akyé qui seront dotés de 95 véhicules et la somme de 100.700.000 FCFA allouée à des Ong et des familles démunies.
Pour l’année 2025, le ministre Bacongo a annoncé des défis majeurs portant sur le transport, la fluidité routière et la gestion des ordures. « C’est mon soupir. Regardez par exemple le boulevard Nangui Abrogoua qui présente le spectacle de la fin du monde », s’est-il désolé. L’autre bonne nouvelle, c’est le nouveau visage que le district veut donner à Gesco. « Le district a acquis un espace de 178 hectares payé à 3 milliards de francs CFA. Nous allons y faire un parc logistique, une espèce de port sec pour éviter les embouteillages. On y trouvera tout notamment des banques, des hôtels, des pharmacies etc. Sur le même espace, il y aura un parc de vente de véhicules d’occasion.
« Ma mission n’est pas facile. Mais je l’ai acceptée en pleine conscience sachant que je ferais du tort à beaucoup de personnes, des inconnus, des amis, des parents », a reconnu le gouverneur. Avant de conclure par cette citation du président béninois, Patrice Talon : « J’ai fait et je fais le sale boulot mais l’histoire retiendra que je l’ai fait dans l’intérêt de tous… ».
A.K.





