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L'avoir, le pouvoir et le sexe, trois tentations qui manipulent le monde. Face aux dérives, la réflexion du Révérend Père Norbert Eric Abekan s'impose à toute identité. « Le temps de Carême n’est pas une simple étape du calendrier liturgique. Il est un véritable signal d’alarme pour les consciences », a-t-il souligné.

     Dans un monde ébranlé par des scandales moraux, financiers et spirituels, cette période sacrée résonne comme un cri prophétique : veillez !

Avoir, pouvoir et le sexe sont trois idoles modernes, trois tentations anciennes, subies par le Christ. Il en est sorti victorieux.

Elles ont traversé les siècles et prennent aujourd’hui des visages nouveaux auxquels s’expose notre monde : corruption, abus, domination, marchandisation des corps et des consciences. Derrière chaque chute publique se cache souvent la même racine : le refus de la limite, l’oubli de Dieu, la soif d’un bonheur immédiat.

Le Christ lui-même a affronté ces tentations au désert. Après quarante jours de jeûne, Il est provoqué sur le terrain du besoin matériel, puis sur celui du prestige religieux, enfin sur celui de la domination du monde. A chaque attaque, Jésus oppose une seule arme : la Parole de Dieu. Il refuse le pain facile, rejette le spectaculaire et repousse toute gloire acquise au prix de l’adoration du mal.

     Cette pédagogie divine éclaire notre Carême.

Comme le rappelle avec force le Père Éric Norbert Abékan :

« Le Carême n’est pas un temps de confort spirituel, mais un combat intérieur », affirme-t-il.

Oui, la vie chrétienne est un combat. Le tentateur ne dort pas. Il exploite les fragilités, flatte les ambitions et déguise les pièges en promesses de réussite.

     Aujourd’hui encore, certains prêchent un évangile sans croix : prospérité sans effort, foi sans conversion, religion sans exigence. Mais un Carême sans renoncement est une illusion. Une spiritualité sans combat est une contrefaçon.

     Face à ces dérives, le Christ élève la voix. Il crie face aux dérives du monde. Il hausse davantage le ton contre l’avoir, le pouvoir et le sexe qui paralysent les identités. Il appelle au combat intérieur, à la lutte permanente et à la vigilance. Il invite à revenir à l’essentiel : prière sincère, jeûne vrai, partage concret. Il rappelle que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

     Dans une société tentée par l’argent-roi, le culte de l’image et la recherche effrénée du plaisir, le Carême devient un acte de résistance spirituelle : résister à l’avoir pour retrouver la sobriété, résister au pouvoir pour réapprendre le service, résister aux passions pour reconquérir la liberté intérieure.

Et le Père Éric Norbert Abékan de marteler :

« Face à l’avoir, au pouvoir et au sexe idolâtrés, le chrétien est appelé à choisir la Croix », encourage-t-il.

     Le Carême n’est donc pas un décor religieux, mais un champ de bataille. Entre l’avoir, le pouvoir et le sexe érigés en dieux, le chrétien doit choisir : se prosterner ou résister. Car celui qui veille avec le Christ ne tombe pas avec le monde.

Vigilance face aux dérives et bonne montée vers Pâques.

Rémy Montini Dago