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De retour d’une mission pastorale dans la région du Sahel, l’abbé Norbert Eric Abékan tire la sonnette d’alarme sur la dégradation continue de la situation sécuritaire, marquée par l’extrémisme violent et une crise humanitaire persistante.
« Mes yeux ont vu, mes oreilles ont entendu », confie-t-il, décrivant un environnement dominé par des attaques armées, des bombardements et des pertes massives en vies humaines. Selon lui, de nombreux villages ont été vidés de leurs habitants, contraints de fuir pour échapper aux violences.
S’inspirant de la figure biblique de Rachel pleurant ses enfants, le prêtre évoque « un cri de douleur qui traverse aujourd’hui le Sahel » où familles décimées et populations déplacées vivent dans une détresse extrême.
« Le terrorisme impose sa loi et la paix semble s’en être allée », déplore-t-il, soulignant que des milliers de personnes sont plongées dans une peur permanente, aggravée par la faim, l’insécurité et l’absence de perspectives.
Malgré ce tableau sombre, l’Eglise catholique poursuit sa mission de proximité auprès des communautés affectées, en apportant soutien spirituel et accompagnement moral.
Dans cette optique, une initiative baptisée Initiative Paix au Sahel (SPI) a été mise en place pour renforcer la lutte contre l’extrémisme violent et promouvoir la cohésion sociale au sein des populations.
« La paix ne doit pas rester un idéal, elle doit devenir une réalité construite ensemble », insiste l’abbé Norbert Eric Abékan, qui appelle à une mobilisation collective alliant efforts humains et engagement spirituel.
Citant les Écritures, il rappelle que « si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les bâtisseurs ».
Néanmoins, le prêtre exprime une espérance ferme. Au cœur de cette nuit qui semble s’étendre sur le Sahel, l’espérance n’est pas morte. Pour l’abbé Norbert Eric Abékan, chaque geste de solidarité, chaque prière et chaque action en faveur de la paix est une semence d’avenir. « Les peuples du Sahel ont déjà traversé des épreuves dans leur histoire. Avec la foi, la fraternité entre les nations et l’engagement de tous, la paix peut renaître là où la peur a voulu s’installer », affirme-t-il, convaincu que le relèvement de cette région passera par la justice, la réconciliation et une mobilisation sincère de la communauté internationale.
Rémy Montini Dago