Côte d’Ivoire / Lakota : Jean Djédja, premier prêtre de la localité, célèbre 40 ans de sacerdoce
La paroisse Saint Jean-Baptiste de Lakota a vibré au rythme de la célébration du jubilé de rubis du Père Jean Djédja, premier prêtre issu de cette localité. Ordonné prêtre le 10 août 1986, il a rendu grâce à Dieu pour quarante années de ministère sacerdotal, en présence de nombreux fidèles, de consacrés, de responsables religieux, d’autorités administratives, militaires et coutumières.
La nouvelle de cette célébration a été introduite de manière symbolique par le tam-tam parleur. Elle a été annoncée par le Père Pierre Lobognon, curé de la Paroisse Saint Jean-Baptiste de Lakota.
« Jean Djédja est le premier prêtre de ladite localité. Il nous associe à cet événement des 40 ans. Premier fruit de cette terre, il a été ordonné le 10 août 1986. Cela fait 40 ans. Que ce fruit suscite de nombreuses vocations. Que Dieu accueille toutes nos prières », a-t-il exhorté.
L’un des temps forts de la célébration a été la procession de quarante enfants portant chacun une bougie, symbolisant les quarante années de sacerdoce du jubilaire. Au cours de cette procession, les différentes étapes de son parcours sacerdotal et professionnel ont été évoquées : ses responsabilités dans les institutions ecclésiales, ses études ainsi que son ministère d’enseignant du français, de la philosophie et du latin dans les séminaires.
La célébration eucharistique s’est déroulée en présence de Monseigneur Alexis Touably, évêque de San Pedro, de nombreux consacrés, de Madame Patricia Yao, Directrice de cabinet de la Première Dame de Côte d’Ivoire, des autorités coutumières et militaires, ainsi que de nombreux fidèles laïcs venus de différents horizons.
Les textes liturgiques ont donné une profondeur particulière à cette action de grâce. La première lecture faisait résonner cette parole du prophète Jérémie : « Seigneur, tu m’as saisi, et je me suis laissé séduire ». Le psaume, repris par la fusion des chorales de Yocoboué, de Lakota et de Moussadoukou proclamait : « Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu ». Quant à l’Évangile, il a rappelé l’exigence du chemin à la suite du Christ : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
Dans l’homélie, le Père Agnigori Hippolyte, curé de la Paroisse Saint Jean-Paul II, de l’Archidiocèse d’Abidjan, a médité sur le sens profond du sacerdoce et du don de soi.
« C’est ici qu’un enfant est né. C’est ici encore que, le 10 août, il a laissé toute l’Église du ciel passer sur son corps », a-t-il déclaré, en soulignant la dimension vocationnelle du parcours du jubilaire. En évoquant le patronage de saint Jean-Baptiste et la vocation du prophète Jérémie, il a poursuivi : « Jérémie dit : “J’ai été séduit.” On devient prêtre parce qu’un feu nous a brûlé à l’intérieur, qu’on n’a pas réussi à éteindre ».
Pour le Père Hypolyte, le sacerdoce est avant tout une offrande totale : « Le sacrifice qu’il fait, il enseigne, il prie. Oui, votre corps est un sacrifice. C’est cela, l’offrande ». En revenant sur l’attitude de Pierre dans l’Évangile, il a rappelé que le disciple est appelé à suivre le Christ et non à lui imposer son propre itinéraire : « Pierre s’était mis en avant pour un itinéraire plus doux pour Jésus. Mais il retrouve sa place en arrière de Jésus ».
Il a ensuite invité le jubilaire et l’assemblée à vivre dans le dépouillement : « Celui qui perd sa vie la trouvera. Le seul moyen d’être plein, c’est de se vider ». En
s'adressant directement au Père Jean Djédja, il a ajouté : « Que le psaume “Mon âme a soif du Dieu vivant”, accompagne le jubilaire. Ce jubilé est la puissance des humbles. Si un évêque est assis dans ce chœur, c’est un signe de fraternité et de synodalité ».
Et de conclure : « Père Jean Djédja, 40 ans, c’est le chiffre du Christ au désert. La nuit se traverse. Que la Vierge Marie te garde ».
Prenant la parole au nom du Père Louis-Bernard Tébi, président de l’Union fraternelle du clergé ivoirien, le Père Rémy Montini Dago, Secrétaire général national adjoint de cette organisation, a rendu hommage au parcours du jubilaire.
« Vous êtes une personnalité exceptionnelle et une identité particulière », a-t-il déclaré, avant de souligner l’impact du ministère sacerdotal du Père Jean Djédja.
« Des hommes ont fabriqué des machines. Mais pas une machine de la joie. S’il y avait une machine pour peser une joie, elle pèserait 40 tonnes », a-t-il lancé avec humour, Monseigneur Alexis Touably suscitant la joie de l’assemblée.
« Merci de nous avoir donné un bon prêtre peuple Dida. Il a, pour sa part salué le témoignage de vie du jubilaire et rendu hommage au peuple Dida.
Merci de nous avoir donné un bon prêtre. Père Jean, les messes sont célébrées aujourd'hui dans le diocèse de San Pedro à vos intentions », a-t-il déclaré.
Une manière pour l’évêque de manifester la communion de l’Église et de rappeler que le ministère sacerdotal du Père Jean Djédja porte des fruits bien au-delà de sa terre d’origine.
Très ému, le Père Jean Djédja a associé son jubilé à la mémoire de ceux qui ont contribué à faire germer en lui la vocation sacerdotale.
« Mes quarante ans, je les rends en hommage aux Pères Roumier et Boulaire, prêtres de la Société des Missions Africaines », a-t-il déclaré.
Des dons ont été offerts au jubilaire au cours de la célébration, en signe de reconnaissance et d’affection.
Un déjeuner exceptionnel, offert par le comité d’organisation de la Paroisse Saint Jean-Baptiste de Lakota, a finalement mis un terme à cette célébration du jubilé de rubis, qui a marqué quarante années de fidélité au service de Dieu et de son peuple.
Rémy Montini Dago





