Côte d'Ivoire / Journée internationale des droits de la femme : de l’injustice à la reconnaissance
Chaque 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits de la femme. A cette occasion, la réflexion de Erika Annie rend hommage aux femmes et rappelle les injustices d’hier tout en saluant les avancées vers la dignité et la reconnaissance.
Pendant longtemps, la femme a vécu dans l’ombre. Dans certaines traditions, elle n’a jamais été comptée parmi ceux qui participaient pleinement à la vie sociale. Comme le souligne Erika Annie : « Sans compter les femmes et les enfants ». Une expression qui traduit la place secondaire qu’elle a longtemps occupée.
Souvent, sous l’arbre à palabres, lieu de prise de multiples décisions dans plusieurs communautés africaines, elle est absente. De même, dans certaines assemblées de prière, elle reste derrière, discrète et silencieuse. Sa parole pesait peu dans les discussions.
Pourtant, c’est elle qui porte les lourds fardeaux du quotidien : « Un enfant au dos, un autre dans le ventre, un fagot de bois sur la tête. Après une longue journée au champ, elle rentre encore préparer le repas pour toute la famille », confie Erika Annie.
Pendant ce temps, l’homme attend, assis à l’ombre, et dit :
« Fais-toi belle.
Fais-moi à manger.
Fais-moi des enfants.
Et tais-toi ».
« Et lorsque la vie devient plus difficile, notamment au veuvage, elle se retrouve chassée, contrainte de repartir les mains vides », précise-t-elle.
Mais ces temps ont changé. Peu à peu, les femmes refusent le silence. Elles revendiquent leurs droits, affirment leur dignité et occupent une place dans la société. Aujourd’hui, elles participent activement à la vie sociale, économique, politique et religieuse.
Le 08 mars n’est donc plus seulement une journée de célébration. C’est aussi un moment de mémoire et un appel à poursuivre la marche vers une société où la femme est pleinement respectée et reconnue.
Rémy Montini Dago





