Côte d’Ivoire / Filière cajou : La Bni refuse de financer les transformateurs nationaux
La nouvelle campagne de cajou a été ouverte depuis le 17 janvier 2025, avec l’annonce du prix bord champ de 425 Fcfa/kg, le plus élevé depuis ces 10 dernières années, à la grande satisfaction des producteurs de noix brute de cajou qui voient ainsi leurs efforts grandement récompensés par le gouvernement.
Cependant, tout n’est pas rose ni parfait dans la filière cajou pour tous les acteurs de la chaîne de valeur, dont les transformateurs nationaux pour qui la nouvelle direction générale du Conseil coton anacarde (Cca) ne ménage aucun effort pour protéger leurs intérêts, augmenter leurs capacités de transformation et veiller à leurs survies dans une filière caractérisée par l’absence de financement bancaire privé.
En effet, selon une dépêche de l’agence Reuters, alors que le directeur général du Cca et les transformateurs nationaux ont élaboré une nouvelle convention commerciale et financière, suite aux instructions du Premier ministre, pour financer les transformateurs locaux, la Banque nationale d’investissement (Bni) refuse de signer cette convention.
Or ce refus de la Bni qui dure depuis un mois, met en difficulté le Cca, les acheteurs, les transformateurs nationaux et bientôt les producteurs de cajou qui ne pourront plus vendre leurs noix faute d’argent et d’acheteurs.
Une crise sociale, financière et industrielle se profile à l’horizon à cause du refus de la Bni de jouer son rôle dans le financement des activités du Cca qui se met au service des entreprises nationales du secteur. Faute de financement de la Bni, les transformateurs nationaux ne pourront transformer à hauteur de leurs capacités et devront supporter les charges fixes de leurs usines en faisant face à des pertes importantes. Malheureusement ce programme du Cca qui s’inscrit dans la promotion des nationaux sera une année de plus un échec pour la filière cajou. Contactées, des sources dignes de foi à la Bni ont qualifié le problème de complexe.
« Les gens doivent beaucoup d’argent à la banque. Des milliards de Fcfa. Pour cette année, des gages sont demandés. C’est tout. Sinon, il n’ y a rien de grave ». Les personnes contactées ont bien voulu nous confier. Les directeurs généraux de la Bni et du Cca poursuivent les négociations. Les mauvais payeurs parmi les transformateurs locaux ont été vidés pour cette année. De 9 transformateurs locaux, ils sont passés à 5.
Y.C.