La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la prévention des maladies émergentes. Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, et le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, ont signé un Mémorandum d’accord visant à renforcer la surveillance de la santé de la faune sauvage dans les parcs nationaux et réserves naturelles du pays. 

Conclu à travers la Direction des Services vétérinaires et du Bien-être animal (DSVBA) et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), cet accord s’inscrit dans la mise en œuvre de l’approche « Une Seule Santé », qui établit un lien étroit entre santé humaine, santé animale et protection des écosystèmes. 

Selon le ministre des Ressources animales et halieutiques, cette coopération répond à un impératif de santé publique. « 60 % des maladies infectieuses émergentes trouvent leur origine dans le monde animal, et 75 % d’entre elles proviennent de la faune sauvage », a-t-il indiqué. 

La Côte d’Ivoire a déjà été confrontée à plusieurs alertes sanitaires liées à la faune. Le premier cas humain d’Ebola avait été détecté dans la forêt de Taï en 1994. En 2022, un virus de la même famille a été identifié chez des chauves-souris à Ferkessédougou. La fièvre hémorragique de Crimée-Congo a également été confirmée chez des bovins et des tiques à Abobo en 2023, puis à Doropo en 2026. 

Le nouvel accord prévoit notamment la mise en place d’un cadre opérationnel de surveillance, le partage d’informations zoo-sanitaires, le développement de protocoles intégrés et le renforcement des capacités des agents de l’OIPR. Inscrite dans la Politique nationale de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture 2026-2030, cette initiative entend privilégier l’anticipation et la prévention. 

Pour le gouvernement ivoirien, il s’agit de mieux protéger simultanément les populations, les animaux et la biodiversité contre les menaces sanitaires émergentes. Le ministre Abou Bamba a salué la coopération entre les deux ministères dans le cadre de cette lutte. 

« Cette cérémonie marque une étape importante dans la coopération entre nos deux départements ministériels. Par la signature de ce mémorandum d’entente, nous affirmons une conviction simple : protéger la faune sauvage, c’est à la fois préserver notre patrimoine naturel, protéger la santé de nos populations et contribuer à la sécurité alimentaire de notre pays », a-t-il fait savoir.

A.K.