Libéré sous caution le mercredi 24 mai 2017,  Inoussa Kanazoé, propriétaire de la cimenterie du Faso (CIMFASO)  a été roulé dans la poussière du ciment. Par qui ? Son ex-associé qui est ici accusé.

Cueilli  le 19 avril 2017  et détenu un mois durant, il apparait que la séparation amiable d’avec son associé et homme de confiance, Moussa Koanda n’ait pas été du goût de ce dernier. Les deux hommes travaillaient ensemble depuis de nombreuses années et ont monté plusieurs sociétés  dont  CIMFASO dans laquelle  Inoussa Kanazoé détenait 60% des parts et Moussa Koanda 30%. Suite à des désaccords, ils décident de se séparer à l’amiable. Selon les informations parvenues à lebanco.net, le grand Imam de Ouagadougou, Aboubacar Sana, a servi de médiateur. Au terme de ce protocole,  Moussa Koanda perçoit la somme de 6.872.432.756FCFA (six milliards huit cent soixante douze millions quatre cent trente deux mille sept cent  cinquante six) en liquide plus des parts en nature sous forme de sociétés et de terrains. En contrepartie, il cède toutes ses parts à Inoussa Kanazoé, désormais seul maître à bord. Ce protocole engage surtout les parties «à mettre un terme définitif à tout contentieux en cours ou à venir en rapport avec l’ensemble de leurs sociétés ». En outre, les deux ex-partenaires «s’engagent à mettre un terme définitif à tout litige relatif à CIMFASO SA, notamment, l’expertise de gestion ordonnée sur ladite société à la demande de Moussa Koanda» comme on peut le lire dans un document publié par l’Etalon déchaîné n°096 à paru, ce mardi 30 mai 2017 à Ouagadougou.

 Il a d’ailleurs été stipulé ce qui suit : «Conformément aux dispositions de l’article 2052 du Code civil, le présent protocole transactionnel bénéficie de l’autorité de la chose jugée en dernier ressort. Il est conclu à titre définitif, les parties renonçant expressément à toutes réclamations entre elles,  de quelque nature que ce soit, en cours ou à venir,  concernant les sujets, objet du présent protocole». Dès lors, il est évident que l’interpellation et la mise sous ‘’mandat de dépôt’’ (il était privé de liberté dans un centre de santé) de Inoussa Kanazoé dans le cadre  de «révélations» liées à l’expertise de gestion commanditée par son ancien partenaire sont l’expression d’un insupportable abus de confiance que pourrait justifier la volonté de nuire ou d’humilier le patron de CIMFASO. Pourtant,  des garanties avaient été  prises pour que le protocole d’accord transactionnel qui a consacré le ‘’divorce’’ entre Inoussa Kanazoé et Moussa Koanda, soit revêtu du sceau du sacré.

Mais, évincé de la société, Moussa Koanda n’a pas digéré son éviction et a décidé de se venger de son ex-partenaire. La question, la justice s’est-elle laissée manipuler par un revanchard ? Tous les burkinabè et avec eux, les africains qui connaissent la famille Kanazoé, attendent la vérité dans ce dossier qui ne manque pas de susciter des interrogations au-delà du Burkina Faso. Roulé dans la poussière de ciment comme un homme intègre, Inoussa Kanazoé a goûté au discrédit jusqu’à la lie. Dans le secret espoir d’une revanche certaine.

M.K.