La question de la présence des membres de la famille d’un Président de la République dans les hautes fonctions de l’Administration Publique suscite régulièrement des débats. Pour certains, le lien de parenté avec le chef de l’État devrait constituer un motif d’exclusion de certaines responsabilités. 

Pour d’autres, la parenté ne devrait pas, à elle seule, empêcher un citoyen de servir son pays.

Le véritable enjeu devrait être celui du profil, des compétences et de l’aptitude à exercer la fonction concernée. Lorsqu’un citoyen remplit les conditions requises, possède les qualifications nécessaires et est en mesure de répondre aux exigences de sa mission, son lien de parenté avec le président de la République ne devrait pas automatiquement constituer un obstacle.

Dans plusieurs pays, des membres de familles présidentielles ont, à différentes périodes, occupé des responsabilités importantes. Au Gabon, sous Omar Bongo, certains membres de sa famille ont exercé des fonctions de premier plan. Au Togo, sous Gnassingbé Eyadéma, son fils Faure Gnassingbé a notamment occupé des responsabilités ministérielles avant d’accéder à la présidence.

En France, François Mitterrand avait son fils Jean-Christophe comme conseiller à l’Élysée, tandis que Claude Chirac a été directrice de communication auprès de son père, Jacques Chirac.

Aux États-Unis, l'actuel locataire de la Maison-Blanche Donald Trump, sa fille Ivanka Trump et son gendre Jared Kushner exerce des fonctions à la Maison-Blanche.

Ces exemples montrent que la présence de proches du chef de l’État dans les sphères du pouvoir n’est pas une situation propre à un seul pays. 

Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de déterminer si une nomination est justifiée. Chaque cas doit être apprécié au regard des règles applicables, des qualifications de la personne concernée, de la transparence de la procédure et des résultats obtenus.

En définitive, le débat devrait porter moins sur le nom de famille que sur les compétences, l’intégrité, la légalité de la nomination et la capacité à remplir efficacement la mission confiée.

Être membre de la famille du président ne devrait donc ni constituer automatiquement un privilège, ni devenir automatiquement un motif d’exclusion. Comme tout autre citoyen, la personne concernée devrait être appréciée au regard des exigences du poste et des règles qui encadrent l’accès aux fonctions publiques.

Le principe essentiel demeure celui de l’égalité des citoyens devant les responsabilités publiques. Chacun doit pouvoir contribuer au développement de son pays dans le domaine pour lequel il dispose des compétences et de l’expérience nécessaires.

Le parallèle avec le football

La même question peut se poser dans le domaine sportif. Lorsqu’un Président de Fédération de Football a un fils qui pratique ce sport, son choix de jouer ou non pour la sélection nationale peut susciter des réactions.

S’il refuse de rejoindre la sélection, certains peuvent y voir une décision surprenante. S’il est sélectionné, d’autres peuvent immédiatement évoquer un éventuel favoritisme en raison de la fonction occupée par son père.

Pourtant, la sélection nationale est normalement fondée sur les performances des joueurs et sur les choix du sélectionneur national, qui engage sa responsabilité à travers ses décisions sportives. 

Les joueurs sont évalués en fonction de leurs performances dans leurs différents championnats et de leur capacité à répondre aux besoins de l’équipe.

Le principe devrait donc rester le même, ce n’est pas le lien de parenté qui doit déterminer la valeur d’un individu, mais sa compétence, son mérite et sa capacité à remplir la mission qui lui est confiée.

Servir son pays ne se limite pas à une seule fonction. Chaque citoyen devrait pouvoir apporter sa contribution, dans le respect des lois, des Institutions et des exigences liées à la responsabilité qu’il exerce.

 

Adou Evariste

Analyste politique