Nous sommes le: 12/11/2019 et il est: 03:43

Côte d’Ivoire / La vérité sur la radiation du Cdt Fofana, ex-aide de camp de Guillaume Soro»

Lors de son meeting en Espagne, l’ex président de l’Assemblée nationale ivoirienne a donné l’information de la radiation du Cdt Fofana Abdoulaye, « son Aide de Camp » et a présenté cette mesure comme injuste. Plus tard, un de ses abonnés aux réseaux sociaux, a affirmé que la décision du chef d’Etat-Major était en violation avec les lois qui régissent les armées.

 

Nous avons fouillé pour bien comprendre cette affaire qui fait tant de bruits. Des questions précises et des réponses claires pour éclairer la lanterne des populations vivant dans notre pays et ailleurs dans le monde.

 

Qui Guillaume Soro a-t-il choisi comme Aide de Camp après son départ de l’Assemblée nationale ?

Le Commandant Kouassi Jean-Baptiste dit J.B. Ce n’est donc pas le Commandant Fofana sur lequel  Guillaume Soro n’a pas porté son choix.

 

Où est le Commandant Kouassi Jean-Baptiste dit J.B?

Il est en position de détachement et mis totalement à la disposition de Guillaume Soro.

 

Guillaume Soro a-t-il droit à deux officiers ?

Non. Même le président de la République a un seul Aide de Camp, l’ex-président de la République Henri Konan Bédié en a un seul, le président actuel de l’Assemblée nationale en a un seul.

 

Guillaume Soro a-t-il demandé qu’exceptionnellement un officier supplémentaire en la personne du Commandant Fofana soit mis à sa disposition ?

Non. Et il le sait très bien. Il ne le dit pas lui-même.

 

Le commandant Fofana est-il coupable de désertion ?

Oui, conformément aux textes qui régissent la présence des personnels dans les armées et disponibles sur leur compte facebook officiel (FACI-Forces Armées de Côte d’Ivoire). Dès lors qu’il ne s’est pas présenté dans son unité pendant plus de 15 jours, alors qu’il n’est pas officiellement en position de détaché, ne bénéficie ni de permission ni d’ordre de mission, n’est pas dans cette position sur demande officielle de l’autorité qu’il prétend servir. La loi N° 2018-861 du 19 novembre 2018 portant ratification de l’ordonnance N° 2018-515, notamment en son article 3, indique que « tout militaire totalisant plus de 15 jours de désertion est radié des effectifs ». Tout militaire signifie simplement tous grades et toutes catégories confondues. Au lieu d’un délai de grâce de 15 jours, le Commandant Fofana a, lui, bénéficié de 150 jours pour régulariser sa situation.

 

Comment interpréter, en dehors de la défiance à l’autorité, l’attitude d’un officier supérieur informé de ce qu’une procédure de désertion a été engagée contre lui par son unité (Garde Républicaine) depuis le 27 mai, et qui continue de refuser de répondre aux injonctions de ses chefs et est régulièrement aperçu sur les réseaux sociaux au cours de meetings en Europe ?

 

La décision de révocation ainsi formulée fait-elle partie des prérogatives du chef d’Etat-Major ?

 Oui. La loi N° 2018-861 du 19 novembre 2018 portant ratification de l’ordonnance N° 2018-515, notamment en son article 3, indique que tout militaire totalisant plus de 15 jours de désertion est radié des effectifs par décision du Chef d’Etat-Major Général ou du Commandant Supérieur de la Gendarmerie (Loi disponible sur le compte Facebook officiel des FACI). A l’article 6, il est précisé que la révocation ne devient définitive pour les Officiers, qu’à la suite de la prise d’un décret confirmant la décision du CEMGA. La première étape de la procédure de révocation, amorcée par la constitution d’un dossier de désertion, est donc du ressort du Chef d’Etat-Major Général, contrairement à ce que certains ont prétendu.

 

Quelle va être la suite ?

Le Commandant Fofana avant la prise du décret par le Président de la République a la possibilité de se présenter. Il sera alors conduit devant le Tribunal militaire, la désertion étant une infraction pénale. Il reviendra au juge de décider de la sanction à lui infliger.

 

Enfin, dans cette armée en reconstruction suite à la fusion des 02 belligérants, les textes doivent-ils être appliqués en fonction des origines ou du parcours des uns et des autres ? Les règles de discipline ne sont exigibles qu’aux Militaires du rang et Sous-officiers ? Evidemment, la réponse doit être non, si l’on veut voir renaitre la cohésion, l’esprit de discipline et réussir la réunification des deux armées.