Nous sommes le: 12/11/2019 et il est: 03:55

Côte d’Ivoire / Evelyne Deba : ce qu’elle est devenue après avoir quitté la télé

Experte des questions du genre, bloggeuse, journaliste, communicatrice, spécialiste du programme communication et information au bureau de l’Organisation des nations unies pour la science, l’éducation, la culture (Unesco) Abidjan, Evelyne Deba exhorte la jeunesse à un comportement citoyen.

L’on vous retrouve isolée des plateaux de la télévision nationale, avez-vous abandonné vos premières amours ?

Je suis toujours dans le secteur de la communication. Je suis toujours dans la grande maison qui a beaucoup de pièces. J’ai juste changé de pièces (Rires).

Quelles sont les raisons du choix de vos cibles lors de vos formations ?

Nous travaillons  sur certaines questions avec les jeunes et les médias. Ce sont deux thèmes très capitaux pour nous. L’Unesco s’attelle à faire la promotion et la valorisation de la jeunesse. Notre directrice rappelle toujours que la paix a un visage. Ce visage est celui des jeunes. Avec les jeunes, nous pouvons échanger à travers le monde. Nous les sollicitons à tout moment pour les former autour des thématiques de notre organisation. C’est le cas de l’actuel séminaire qui porte sur les réseaux sociaux utilisés à 70 % par les jeunes dans le monde. Nous observons beaucoup de dérives sur la toile. Il est donc important de les éduquer aux médias et de leur montrer  comment fonctionne ce monde dans lequel  ils y ont été introduits sans le vouloir.  

L’Education aux médias et à l’information (Emi) peut-elle vraiment freiner les dérives via les réseaux sociaux ?

L’Emi est d’abord un programme d’outils pédagogiques pour aiguiser l’esprit critique des jeunes à être des cybercitoyens. Les Nouvelles techniques de l’information et de la communication (Ndlr : Ntic) ont changé les modes de consommation des internautes. Les consommateurs sont devenus aussi des producteurs de l’information. Ces derniers diffusent des informations sans connaitre les mécanismes de production de cette information. Il y a une crise de confiance entre producteurs et professionnels de l’information, et les profanes  de ce secteur. De nombreux internautes se référent aux informations pour désinformer. Il nous importe d’outiller ces personnes et de faire en sorte qu’elles ne consomment pas des informations avariées. Nous voulons les amener à vérifier leurs sources. Il y a des personnes qui suivent à la lettre tout ce qui se dit via les réseaux sociaux. Certains commentent des posts sans vérifier la source. La rumeur s’est intensifiée via les réseaux sociaux. D’ailleurs ces «fake news » ne datent pas d’aujourd’hui. Ces informations fallacieuses ont pris de l’ampleur par le canal des réseaux sociaux. Ce qui explique notre approche vis-à-vis des utilisateurs qui sont en majorité très jeunes. L’un de nos objectifs est de les amener à être beaucoup citoyens sur cette plateforme numérique.

Quelles sont vos attentes ?

Nos attentes sont nombreuses. Nous invitons les participants à nos ateliers à avoir un comportement citoyen. Nous voulons leur inculper un développement de l’esprit critique. Les utilisateurs des Tics ne doivent pas partager systématiquement les informations. Une information peut-être avérée mais l’image qui l’illustre peut être fausse. Nous formons les internautes à vérifier les informations et les images. Ils doivent éviter de se faire intoxiquer. Nous voulons les épargner des informations trompeuses que sont les « fake news ». Qui peuvent avoir des incidences  dans la société.

Comment arrivez-vous à mesurer l’impact de vos formations ?

Nous faisons un suivi-évaluation à la fin des sessions.  Nous essayons de voir le changement dans le comportement de nos apprenants qui sont comme des émissaires de l’Unesco auprès de la population. Les apprenants sont très attentifs aux modules enseignés. Il y a un véritable engouement de leur part.   C’est un objectif capital. Nous souhaitons développer l’Emi dans sa globalité.  C’est un programme qui s’étend sur plusieurs années. C’est l’affaire de tout le monde. Tous les jours, il y a des transformations. De nouvelles choses qui apparaissent et qui conduisent à des dérives sur les supports digitaux comme Internet.

En quoi consiste la journée internationale de l’Emi ?

L’Unesco accompagne ses partenaires des médias et de l’information pour la célébration de la semaine mondiale de l’éducation aux medias et à l’information. C’est une thématique très importante d’actualité. Il y aura des ateliers de réflexion, des colloques. Nous comptons échanger avec des partenaires. La célébration mondiale aura lieu du 24 au 31 octobre 2019 en Suède. Il y aura aussi des activités dans chaque pays à travers une communication digitale.

Pouvez-vous nous définir la mission de l’Unesco ?

L’Unesco est l’organe des Nations unies qui a le mandat de la liberté d’expression. L’Unesco inculque la culture de la paix dans le monde. Nous travaillons sur des thématiques de culture, de communication et de l’information, des sciences naturelles, des sciences humaines et sociales.  C’est la maison de tout le monde comme j’ai habitude de le dire. C’est une agence intergouvernementale qui travaille en fonction des priorités de chaque Etat membre. Nous bénéficions de l’appui  de tous les ministères concernés par nos programmes de la communication, de la culture, de l’éducation, de l’enseignement supérieur.

Interview réalisée  par

A. D. N.