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Côte d’Ivoire / École ivoirienne, tristesse... continue : l’échec d’une équipe dirigeante dénoncé

Dans sa chronique de ce lundi 16 septembre 2019, le député de Fresco dénonce la discrimination entretenue dans l’école ivoirienne par les dirigeants du pays actuels. Le cas du Lycée scientifique de Yamoussoukro laisse pantois.

 

Ce lundi 16 Septembre 2019, des millions d’enfants, écoliers, collégiens et lycéens retrouvent les bancs de l’école. Une école ivoirienne qui présente deux tableaux.

D’un côté, de nouveaux bâtiments flambants neufs sortis de terre grâce aux Chinois. De l’autre, des bâtiments anciens, jadis fleuron de l’école ivoirienne, référence absolue de la politique ivoirienne de formation et de l’avenir du pays : la jeunesse.

À côté d’Abidjan, il y a Grand-Bassam qui n’a cessé de recevoir des officiels, pressés d’admirer un joli lycée construit par la Chine. Pas encore achevé, la phase 1 permet d’accueillir dit-on un millier de nouveaux élèves. Des bookmakers se feraient plein de sous s’ils pariaient sur le nombre d’élèves réellement affectés dans cet établissement qui porte le nom du président d’un parti politique, selon plusieurs sources.

Dans le village natal d’Houphouët-Boigny, la référence absolue des nouveaux Houphouëtistes, néologisme politique ivoirien inconnu dans le programme scolaire de Côte d’Ivoire, l’école ivoirienne est symbolisée par le lycée scientifique de Yamoussoukro qui a formé hier des générations de cadres. Certains siègent aujourd’hui à la table du gouvernement ivoirien.

Le lycée scientifique de Yamoussoukro ne connaîtra pas cette cure de jouvence que la ministre de l’éducation nationale, depuis 2011, n’a cessé de nous annoncer lorsque nous étions avec elle au Gouvernement. Neuf années de promesses. Zéro de tenue quant à la réhabilitation du lycée scientifique de Yamoussoukro que Houphouët-Boigny lui-même ne reconnaîtra plus. Mais pourquoi?

Parce que la Côte d’Ivoire ne dispose pas à ce jour d’une politique nationale de l’école ivoirienne. Cette préoccupation, chaque année soulevée par les Députés ne connaîtra en cette année scolaire, début de l’année électorale en Côte d’Ivoire, que de nouvelles promesses de la part du Rhdp. La faute à un ministère entre les mains d’une poignée de businessmans politiquement engagés pour la privatisation continue de l’école ivoirienne.


Les lycées de Grand-Bassam et de Yamoussoukro offrent les deux faces de l’école ivoirienne.

Le bâtiment neuf sans repère sérieux pour l’avenir de la jeunesse ivoirienne. Et le bâtiment en dégradation continue, heureusement hanté par l’envie d’apprendre et de réussir des nouveaux apprenants, à cause du prestige des vieux bâtiments. Mais surtout grâce à l’engagement et au civisme d’anciens pensionnaires, qui se substituent régulièrement au ministère de l’éducation nationale pour réhabiliter ce qui est réhabilitable. Ceux qui lisent ce billet se reconnaîtront.

 

Derrière Yamoussoukro, se cachent également des dizaines de vieux établissements scolaires oubliés dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire dont une réhabilitation aurait montré la volonté politique qui manque au tableau de l’intérêt que l’on dit porter actuellement à la formation de la jeunesse, qui constitue l’avenir de notre pays.

Des écoles sans tables-bancs, sans laboratoire, sans terrains de sports. La jeunesse de Côte d’Ivoire mérite une nouvelle carte scolaire.


Derrière Grand-Bassam et Yamoussoukro, se cache l’échec d’une équipe ministérielle dirigeante occupée à compter ce que l’on gagne en privatisant l’école ivoirienne sans feuille de route. Le discours ministériel de la rentrée de 2019 n’est nouveau que par l’actualisation de la date et du lieu. Derrière ces deux villes ivoiriennes, se cache enfin le refus du gouvernement de transférer les compétences et les ressources aux Régions et aux Communes.

 

L’heure de la réforme et de l’innovation de l’Ecole en Côte d’Ivoire est arrivée.

 

Alain Lobognon,

Vice-président du MVCI, Député de la Nation arbitrairement détenu et condamné pour un Tweet.