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Côte d’Ivoire / 17 défenseurs des droits de l’homme du monde condamnent le meurtre de la fillette de 3 ans décédée suite à un acte de viol à Dimbokro

Le dimanche 29 septembre 2019, plusieurs sources concordantes ont fait état du viol d’une fillette de trois (3) ans dans la ville de Dimbokro. Malheureusement, ces allégations ont été confirmées par les autorités hospitalières et politiques ivoiriennes ;

En effet, enlevée puis violée toute la nuit du samedi 28 au dimanche 29 septembre 2019 par un individu à Dimbokro, une fillette (Grâce-Océane), âgée à peine de 03 ans, a finalement rendu l’âme en date du lundi 30 septembre au Centre Hospitalier Universitaire de Cocody, Abidjan, Côte d’Ivoire ;

L’APDH  et les autres organisations signataires de la présente déclaration expriment leur grande  indignation face à ce crime odieux qu’elles condamnent avec la dernière énergie ;

L’APDH et les organisations signataires de la présente déclaration condamnent avec la plus grande fermeté cet acte barbare, inhumain et répugnant que rien ne saurait justifier ;

L’APDH et les organisations signataires de la présente déclaration expriment leur solidarité à la famille éplorée et meurtrie par cet acte ignoble ;

L’APDH se tient aux côtés de la jeune fille et de ses parents pour leur apporter son assistance aux plans judiciaire et juridique ;

Tout en rappelant que cet acte est contraire aux valeurs de respect et de protection du droit à l’intégrité et à la dignité des enfants en particulier et de la femme en général, les signataires de la présente déclaration en appellent à une justice exemplaire et pédagogique afin que de tels actes ne reproduisent plus jamais ;

Les signataires de cette déclaration en appellent à l’instauration de l’éducation sexuelle en vue d’une part, de sensibiliser les Ivoiriens sur l’importance du respect de la dignité de la personne, et d’autre part, lutter contre toutes les formes de violences sexuelles à l’égard des femmes, et particulièrement à l’égard des enfants ;

Par ailleurs, l’APDH et les autres signataires notent que la persistance de cet acte odieux, s’explique en partie par la correctionnalisation de certains cas de viol ;

Aussi, l’APDH et les autres signataires invitent l’Etat de Côte d’Ivoire, particulièrement les juges ivoiriens à mettre fin au problème d’impunité face au viol, en particulier car des cas de viols ont été souvent correctionnalisés, les auteurs n’ayant pas été condamnés pour des crimes, mais pour des délits ;

Prenant acte de l’instauration récente des tribunaux criminels, l’APDH et ses partenaires signataires,  invitent donc le juge ivoirien à  adresser  exclusivement les infractions liées au viol comme un crime conformément à l’article 354 du code pénal ivoirien ;

Enfin, l’APDH et ses partenaires signataires appellent le législateur ivoirien, à inclure une définition spécifique du viol dans le Code pénal ivoirien, qui, pour l’heure, n’en contient toujours pas.

 

Fait à Dublin, le 04/10/2019

Dr Arsène NENE BI, APDH (Côte d’Ivoire)

Karin RYAN, The Carter Center (USA)

Luana ALMEIDA, CESE (Brésil)

Melina GUITEREZ, Movimiento Rios Vivos (Colombie)

Alicia CUETIA, ACIN (Colombie)

Yolette JEANTY, La Maison des Femmes (Haiti)

Regina VENTURA, CADC, (Espagne)

Matel SOW, HURIDOCS, (Suisse)

Elena JIMENEZ-BOTIAS, Omnium Cultural Catalonia (Espagne)

NADJO Kaina, Mouvement Citoyen IYINA (Tchad)

Georges MPAGA, ROLBG, (Gabon)

Blaise CHAMANGO, Human is Right (Cameroun)

Peninah MWANGI, BHESP (Kenya)

Ketakandriana RAFITOSON, TI-Initiative (Madagascar)

Blandine BONIANGA, Femmes solidaires (République Démocratique du Congo)

Alassane TRAORE, Coalition anti Sida (Mali)

Ndeye Mareme BODIAN (Sénégal)