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Côte d’Ivoire / Burida, les palabres ne sont pas encore finies

Les élections des 210 membres qui éliront en leur sein le nouveau président du Conseil d’administration du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) a démarré dans une ambiance surchauffée, ce mercredi.

L’élection des membres des 7 collèges devant constituer l’Assemblée générale du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) a démarré, ce mercredi à la Caistab, au Plateau. Ce, sur fond de contestation. Pendant que le comité électoral présidé par  Me Olivier Aboh Amalaman était au four et au moulin pour mettre de l’ordre afin que les artistes accomplissent leur droit de vote librement, des jeunes venus de nulle part s’en sont pris aux organisateurs. Conduits par Pat Sako, David Tayorault et Yodé (du groupe Yodé et Siro), ces jeunes tenaient des banderoles sur lesquels l’on peut lire : ‘’ Pensez à Arafat’’. Valery Ossohou dit ‘’Pat Sako’’ et ses amis disent ne pas vouloir de la commission électorale présidée par Me Olivier Aboh Amalaman. Ils dénoncent la mauvaise attitude du ministère de la Culture et de la francophonie dans l’organisation du renouvellement des instances dirigeantes du Burida. « Nous avons perdu Dj Arafat et nous devons attendre après ces obsèques pour parler d’élection. Ange Didier Houon dit Dj Arafat est membre du Burida. Pas question qu’on parle d’élection », a-t-il martelé. Pour sa part, Didier Bilé, membre de la fronde contre les élections du Burida, a indiqué que ses amis et lui demandent le report des élections après les obsèques de Dj Arafat décédé le 12 août 2012 lors d’un accident de moto. « Nous sommes venus pour essayer d’avoir le report des élections des membres des collèges de la nouvelle assemblée générale. Nous avons un organe qui est malade. Les gens se sont battus et nous avons commandité un audit qui a coûté 53 millions de F cfa au Burida. Cet audit a été rendu aux autorités du pays mais nous n’avons pas encore son contenu. Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé avec la précédente direction du Burida », a-t-fait savoir. Il a par ailleurs soutenu que Sylvain Sery qui est le président du Conseil d’administration s’est battu jusqu’à ce qu’Irène Vieira, la directrice suspendue soit mise à l’écart. « Sylvain Sery a l’audit en main depuis 3 semaines et il refuse de nous lire son contenu. Si des personnes ont été suspendues, c’est parce qu’elles ont commis des fautes graves. Nous qui sommes nombreux, refusons de participer à cette forfaiture. Nous contestons cette élection. Si cette élection est validée, nous irons de manière légale à la justice. Ce matin (hier Ndlr), il devrait avoir une séance plénière mais ils sont allés directement aux élections. C’est déjà une grosse erreur. Il devrait y avoir un préalable au niveau de cette séance plénière, mais comme il n’y a pas eu de préalable, ils ont accepté d’aller au vote. Mais il  y a des choses qui n’ont pas été respectées », a-t-il fulminé.

 L’éclairage de  Serge  Akpatou

Serge Akpatou, directeur général par intérim du Burida a précisé que l’élection des membres devant constituer l’assemblée générale est un processus qui revêt une importance capitale. « Cette élection entre dans le fonctionnement normal de la gestion d’une société collective qui est le Burida. Lequel se voit imposé par les textes un renouvellement des organes tous les 4 ans », a-t-il précisé. Indiquant que dans un mois, l’Assemblée générale va se tenir pour élire les membres du Conseil d’administration qui, à leur tour désigneront le président du conseil d’administration. « Si ces élections ne se tiennent pas aux échéances prévues par la loi, le Burida se trouverait confronté à une situation de blocage. Ces derniers temps, nous avons connu quelques difficultés mais par la sagesse de Maurice Bandaman, ministre de la Culture et de la francophone, tout cela est resté derrière nous », s’est-il félicité. Pour lui, les échéances qui se présentent et surtout « les défis que le Burida se doit de révéler pour assurer le bien-être des artistes est si important qu’un faux pas pourrait plonger la maison des artistes encore dans une crise sans précédent. Quant à Olivier Aboh Amalaman, président du comité électoral, il est revenu sur les dispositions de l’article 9 du décret 2015-271 du 22 avril 2015,  fixant l’organisation et le fonctionnement du Burida. « L’assemblée générale est composée de 210 membres répartis en 7 collèges. Nous souhaitons relever un défi. Celui d’avoir des élections apaisées. Il n’y a aucune raison d’avoir des craintes car seules les personnes que les artistes auront choisies, seront proclamées vainqueurs », a-t-il relevé.

Rodrigue Konan