Région des grands lacs / Le dernier rapport d’Interpeace pointe du doigt les obstacles à la réconciliation

La réconciliation peut-elle être durable entre des communautés qui ont expérimenté les formes les plus extrêmes de violence ? Cette question est l’une de celles qui ont été posées par 150 acteurs de haut niveau lors d’un forum régional organisé en décembre 2015 à Kinshasa. Ceux-ci avaient alors mandaté Interpeace et ses partenaires pour mener une recherche sur les réconciliations au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda pour identifier comment celles-ci peuvent être exploitées pour augmenter la cohésion sociale et soutenir les efforts de consolidation de la paix. Les trois pays constituent une sous-région des Grands Lacs qui a été confrontée à des décennies de conflits violents dont le génocide contre les Tutsi, la guerre civile au Burundi et les deux guerres en RDC. Notre dernier rapport montre les résultats d’une recherche menée au Burundi, au Rwanda et dans les provinces du Nord et Sud-Kivu en RDC pour répondre à ce mandat et identifier les capacités de résilience qui favorisent la réconciliation dans cette sous-région.

Baptisé “Capacités de résilience pour la réconciliation dans la sous-région des Grands Lacs”, il est le troisième publié dans le cadre d’un 
programme dans cette zone lancé par Interpeace et six partenaires en 2011. Comme pour les précédents, il regroupe les résultats d’une Recherche action participative qui combine des approches quantitatives et qualitatives auprès de plus de 9000 personnes dans la région, dont 50% de femmes et plus de 30% de jeunes de moins de 30 ans.

Le rapport montre comment la population de la sous-région pense la réconciliation, de même que les facteurs qui favorisent ou constituent des obstacles à celle-ci. Il souligne un certain nombre de capacités existantes dans la zone qui permettent aux citoyens de surmonter le manque de confiance lié à des années de conflit et de cohabiter pacifiquement. Celles-ci se manifestent par des pratiques individuelles, relationnelles, culturelles et institutionnelles qui font en sorte que les communautés puissent faire face aux conséquences d’un conflit violent et, plus important, modifier positivement et durablement les relations. Il présente également des recommandations et des actions, lancées par les participants eux-mêmes, pour faire avancer la réconciliation dans la région.

 

Consulter le rapport sur : https://www.interpeace.org/wp-content/uploads/2020/09/2020-Great_Lakes_-_Recherche_sur_la_resilience-1-column-v6.pdf