Lutte contre le terrorisme / Ikarey, un autre haut cadre de l'État islamique au Grand Sahara, tué

Les jihadistes subissent depuis quelque temps d’énormes pertes dans leurs rangs. Après l’assassinat du chef terroriste qui  a tué les journalistes français, un autre chef vient de tomber.

Selon nos informations, Almahmoud ag Baye, alias Ikarey, a été neutralisé mardi 15 juin, vers une localité au sud-ouest de Ménaka, dans le nord-est du Mali. Les armées françaises et nigériennes ont mené la semaine dernière plusieurs opérations anti-terroristes dans cette région malienne frontalière avec le Niger. Une offensive qui a aussi abouti à l'arrestation de quatre autres cadres de l'EIGS.

C'est vers 13 heures, mardi 15 juin, que des combattants de l'EIGS tendent une embuscade à une patrouille conjointe de soldats français et nigériens. Les combats sont violents et selon une source sécuritaire nigérienne, Ikarey et l'un de ses petits frères répondant au nom d'Adoum, y trouvent la mort.

D'après plusieurs sources proches des combats dans la région de Ménaka, la famille d'Ikarey avait annoncé son décès dès jeudi soir. Ikarey était un lieutenant d'Abou Walid al-Sahraoui, le leader de l'État islamique au Grand Sahara. « Ikarey commandait lui-même de hauts cadres », explique une source proche des combattants dans la région de Ménaka.

Recruté par Moktar Belmokhtar en 2008, « Ikarey a grandi dans l'idéologie jihadiste », poursuit cette source. Il a participé à de nombreuses attaques contre les forces maliennes ou nigériennes, notamment celle contre la base d'Inates, à l'ouest du Niger, en décembre 2019. L'armée nigérienne avait alors perdu plus de 80 soldats.

Les services de renseignement américains l'avaient identifié comme l'une des têtes pensantes de l'attaque de Tongo Tongo, cette embuscade qui avait tué au Niger trois militaires américains en octobre 2017. Pour cela, Ikarey faisait partie de la liste des personnes les plus recherchées dans le Sahel par les Etats-Unis. Sa tête étant mise à prix à 5 millions de dollars.

Ikarey avait déjà glissé entre les doigts de l'armée française. C'était en septembre 2018, lors d'un raid de Barkhane sur la localité d'Inazol, vers Ménaka. Blessé, Ikarey, avait alors réussi à s'échapper.

Contacté par RFI, l'état-major français n'a pas souhaité commenter. Barkhane est restée discrète sur ses récentes opérations dans la région de Ménaka. Elles ont pourtant abouti à l'arrestation de plusieurs cadres de l'EIGS dont Abou Darda et Rhissa al-Sahraoui.

A.K. avec rfi