Fausse-couche à répétition, et si c'était la faute à un anticorps ?

Des chercheurs japonais ont constaté que les femmes victimes de plusieurs fausses-couches étaient plus souvent porteuses d’un auto-anticorps.

En France, environ 200 000 grossesses par an donnent lieu à une fausse-couche. Cet arrêt spontané de la grossesse se déclare avant la vingt-deuxième semaine d’aménorrhée, soit cinq mois après l’interruption des règles. Une étude japonaise, relayée par La Dépêche, s’est intéressée aux possibles raisons des fausses-couches à répétition chez certaines femmes. 

Ces travaux, réalisés en collaboration entre plusieurs universités du pays, ont révélé que la présence d’un anticorps pouvait expliquer ce phénomène. Une recherche conjointe menée par l'Université de Kobe et l'Université d'Osaka en 2015 avait précédemment découvert que cet anticorps provoquait également des maladies telles que la thrombose. Les résultats ont été publiés dans la revue Arthritis and Rheumatology de l'American College of Rheumatology.

Mieux comprendre la fausse-couche

Cette recherche a été réalisée sur 227 femmes qui ont toutes eu des fausses-couches à répétition dans cinq établissements universitaires du pays. Toutes les participantes à cette étude ont passé un examen afin de déceler la présence, ou non, de cet auto-anticorps. L’équipe scientifique a constaté que 52 des 227 patientes, soit 23%, étaient positives pour cet anticorps spécifique. Même après avoir testé les causes courantes de la fausse-couche, la cause n'a pas pu être déterminée chez environ la moitié des patients (121 femmes). Cependant, 24 des 121 femmes victimes d’une fausse-couche inexpliquée (20%) se sont révélées positives uniquement pour le néo-auto-anticorps. “L'anticorps néo-auto était le facteur avec la fréquence la plus élevée par rapport à tous les autres facteurs qui ont été testés, y compris les problèmes utérins (tels que les malformations et les myomes), le dysfonctionnement thyroïdien et les anomalies chromosomiques chez chaque partenaire”, résument les auteurs.

Ces résultats devraient permettre de comprendre les mécanismes sous-jacents responsables des fausses-couches à répétition. De même, ces conclusions pourraient également éclairer sur la thrombose et les troubles hypertensifs de la grossesse, conduisant au développement de nouvelles méthodes de traitement. “On espère que ces résultats de recherche pourront être la clé pour résoudre les problèmes de faible taux de natalité et de vieillissement de la population”, espèrent les auteurs.

Source : Fr.news.yahoo.com