Développement local, la diaspora, un levier à mobiliser davantage par les collectivités territoriales
Sous la gouvernance du président Laurent Gbagbo, et dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de société présenté lors de l’élection présidentielle d’octobre 2000, les conseils généraux ont été mis en place afin de contribuer au développement local et d’améliorer le bien-être des populations.
Inspirés du modèle des collectivités territoriales existant en France, les conseils généraux avaient notamment pour mission de rapprocher davantage l’action publique des citoyens et de favoriser le développement des différentes localités.
Avec l’avènement du président Alassane Ouattara, les conseils généraux ont été remplacés par les conseils régionaux, avec une ambition similaire, contribuer au développement local et répondre aux besoins des populations.
Toutefois, au-delà de la différence entre ces deux structures, le véritable enjeu demeure le transfert effectif des compétences aux collectivités décentralisées, ainsi que la mise à leur disposition de moyens financiers conséquents leur permettant d’accomplir efficacement les missions qui leur sont confiées.
Des moyens encore insuffisants
Les Présidents des Conseils Régionaux sont appelés à réaliser de nombreuses infrastructures, notamment des établissements sanitaires, des établissements secondaires et d’autres équipements destinés à améliorer les conditions de vie des populations.
Or, les ressources financières mises à la disposition des collectivités territoriales par l’État restent souvent insuffisantes au regard de l’ampleur des besoins.
Dans ce contexte, la mobilisation de partenaires extérieurs apparaît comme une piste importante pour renforcer les capacités d’intervention des collectivités.
Parmi ces partenaires potentiels figure la diaspora ivoirienne, qui pourrait jouer un rôle plus important dans le développement des régions.
La diaspora, une véritable mine d’or
Les différents présidents des conseils régionaux pourraient davantage s’appuyer sur les compétences, les réseaux et les ressources de la diaspora vivant à l’étranger. Celle-ci pourrait notamment contribuer à l’équipement des infrastructures réalisées dans les régions, à travers ses organisations, ses associations, mais également par l’intermédiaire de fondations ou de structures implantées dans les pays d’accueil.
Dans le cadre de partenariats sociaux, ces différentes organisations pourraient accompagner les collectivités dans la réalisation de projets destinés à améliorer le bien-être des populations.
Il appartient donc désormais aux présidents des conseils régionaux de créer un véritable cadre de concertation avec les ressortissants de leurs régions vivant à l’étranger.
Ce cadre permettrait de présenter les besoins des populations, d’identifier les priorités, d’échanger avec les leaders de la diaspora et surtout de les associer pleinement à la réalisation concrète des projets sociaux et de développement.
La diaspora constitue, à cet égard, une véritable mine d’or que les élus locaux gagneraient à mieux exploiter dans le cadre du développement local.
Vers une mobilisation de toutes les forces vives
Le budget de l’État consacré aux collectivités territoriales ne saurait, à lui seul, répondre à l’ensemble des besoins liés au développement des régions. Les mutuelles, les fondations, les organisations internationales, les partenaires privés et surtout la diaspora peuvent constituer une réelle plus-value.
Une meilleure implication de ces acteurs permettrait ainsi de diversifier les sources de financement, de renforcer les équipements des collectivités et d'accélérer la réalisation des projets sociaux.
Le développement local doit donc être l’affaire de tous.
En établissant un dialogue permanent avec leur diaspora et en mettant en place des partenariats structurés, les Conseils Régionaux pourraient disposer d’un important levier supplémentaire pour répondre aux attentes des populations et concrétiser les projets de développement au bénéfice de leurs régions respectives.
Adou Evariste
Analyste politique