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Côte d’Ivoire / Accidents mortels répétés: Inconscience des chauffeurs, négligence des autorités

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1458 accidents dont près de la moitié à Abidjan, ont été déplorés au cours des deux premières semaines de l’année 2018, selon un rapport d’experts en sécurité et en protection civile. Le chiffre est effarant. En seulement deux petites semaines, on a dénombré plus de 1400 accidents de la route en Côte d’Ivoire. Qu’en est-il du reste de l’année ? Certainement un décompte beaucoup plus macabre en sera fait.

Car, même au dernier jour de l’année, le lundi 31 décembre 2018, les Abidjanais ont vécu encore et hélas ce drame qui suit les Ivoiriens comme un mauvais sort. Deux graves accidents dans les deux sens de l’autoroute du nord, Adjamé-Yopougon, Yopougon-Adjamé se sont produits, coupant totalement la circulation, au moment où les populations s’apprêtaient à passer dans la nouvelle année. Un véritable carambolage avec des dégâts énormes.

Au bilan annuel, ce sont 12 789 accidents de la circulation qui ont été enregistrés en Côte d’Ivoire par les Groupements des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) sur la période de janvier à décembre 2018.

Et pourtant, que n’’a-t-on pas dit, proposé et arrêté dans les ateliers, séminaires et autres rencontres entre les acteurs du secteur des transports, de la sécurité routière et des autorités gouvernementales en vue de réduire considérablement le taux sans cesse croissant des accidents mortels.

Plusieurs causes ont été identifiées et connues ainsi que les actions à mener pour freiner le fléau. Mais au bout de la course, pas grand-chose de notable.

Ce sont la circulation de faux permis de conduire, l’insouciance et l’inexpérience des conducteurs, le jeune âge des chauffeurs qui varie entre 15 et 20 ans, le non-respect du code de la route, la fatigue due à la conduite sous les effets des excitants et la consommation de stupéfiants, le manque de rigueur, l’imprudence des automobilistes, les stationnements dangereux, la défaillance mécanique, l’excès de vitesse, la corruption de plusieurs autorités responsables du maintien de l’ordre, le mauvais état des routes…

Quelles réactions vigoureuses face à tous ces comportements déviants et déviationnistes ? L’on est tenté de dire « aucune ». Tant la tragédie continue et que même quand les auteurs de ces fautes sont arrêtés, ils ne sont pas sanctionnés à la hauteur du mal commis. La négligence des autorités est devenue coupable et mortelle. Et ce sont de nombreuses familles qui sont chaque jour endeuillées sur les routes ivoiriennes.

C’est pourquoi, il devient plus qu’impératif que des mesures disciplinaires exemplaires soient prises soutenues par une véritable campagne permanente pour le changement de mentalités. Le retrait des permis devrait être systématique en cas d’infractions graves au code de la route. Il ne faut plus  attendre les veilles des fêtes pour faire du tapage médiatique prétendant mener des campagnes de sensibilisation contre les accidents de la route.

L’on est d’accord avec le ministre des Transports, Koné Amadou quand il affirme que « l’accident n’est pas une fatalité, mais une question de responsabilité. Cette hécatombe peut être stoppée, en
agissant, notamment sur le facteur humain qui est responsable de 95% des accidents ».

Mais la seule parole ne suffit plus. Il faut agir plus efficacement et sans complaisance ni négligence pour sauver les vies.

A.T.


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