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Côte d’Ivoire / Plaidoyer pour des productions moins passionnées et stigmatisantes contre les LBGTI

atelier Lgbti.jpg Les panelistes plaident pour le droit à l’expression des populations clés

En collaboration avec le Repmasci, Alternative CI, a  organisé le jeudi 22 Novembre 2018, un atelier de plaidoyer auprès des patrons de presse pour une meilleure couverture médiatique de la problématique des populations clés et Lgbti dans le contexte d’atteinte des objectifs 90.90.90.

 

En Côte d’Ivoire, le traitement médiatique de la question homosexuelle reste dans le sensationnel. Les titres des journaux, l’information véhiculée dans les articles, les commentaires des journalistes et internautes sur les sites restent souvent stigmatisants. Pour y remédier, plusieurs plaidoyers ont été conduits envers les hommes de médias dont l’organisation de plusieurs ateliers pour un meilleur traitement de l’information liée aux populations clés. En 2016, l’IPAO en partenariat avec le Réseau des Professionnels des Médias engagés dans la lutte contre le Sida et les autres Pandémies en Côte d’Ivoire (REPMASCI), a organisé un atelier de formation thématique des journalistes, pour mieux traiter les questions liées au genre et aux droits des populations clés dans un contexte d’atteinte de l’objectif 90.90.90. L’atelier avait pour objectif de sensibiliser les journalistes à une perception dépassionnée et pour une couverture médiatique plus éthique et professionnelles de la problématique des Populations clé. Cet atelier a permis aux journalistes de faire des productions moins passionnées et stigmatisants.

Cependant,  certains journalistes, tendus vers un traitement professionnel de la question, c’est-à-dire sans parti-pris, n’ont pas fait de parution, ni de reportages, parce qu’ils ont eu à leur endroit une réprobation, soit, de la part de leur patron de presse, de la part de leur collègue où de la part de la société en général. Sur un sujet difficile où l’accès aux sources d’information leur était difficile, leurs possibilités de travail se trouvaient donc réduites.

Toujours dans ce même contexte, Alternative CI, a initié le projet ACT (Advocacy and other Community Tactics) ». Financé par Mpact sur deux ans 2018-2019, ce projet a pour objectif général d’«accroitre la pertinence, l’efficacité et l’influence de l’information et de la communication des défenseurs des droits des homosexuels dans la promotion de ces droits et dans le recul des préjugés à leur encontre ».Dont l’un des objectifs est de continuer le plaidoyer auprès des journalistes et des patrons de presse pour une couverture médiatique professionnelle et moins stigmatisant des questions liées aux populations clés en général et aux Lgbt en particulier.

Le droit à l’expression des populations clés

Faire un plaidoyer auprès des patrons de presse pour une prise en compte et une intégration de la problématique des populations clés et des Lgbti au sein de leur organisation dans la couverture médiatique. Orienter les responsables de presse sur la situation actuelle de la réponse au VIH en lien avec la problématique des populations clés et l’atteinte de l’objectif 90.90.90. ; Renforcer leurs capacités à comprendre et à reconnaitre le droit à l’expression des populations clés notamment dans les media ; Favoriser une collaboration entre les patrons de presse et les organisations de populations clés (en tant que sources d’informations) pour une meilleure couverture médiatique de la problématique des populations clés.

Une approche plus éthique du fait homosexuel

Plusieurs réflexions ont été menées. Notamment, le rôle des médias dans la promotion et la protection des droits de l’Homme et sur les obstacles auxquels les journalistes sont confrontés pour produire des informations sur la question des populations clés et LGBTI, les pistes d’une bonne collaboration entre les populations clés et les médias pour une meilleure couverture médiatique.

Ce que dit la Charte africaine des droits de l’homme

Adoptée lors de la 55ème Session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples tenue du 28 avril au 12 mai 2014, à Luanda, Angola, la résolution 275 sur la protection contre la violence et d'autres violations des droits humains de personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle est-elle réelle ou supposée ?

Vivement préoccupée par les actes de violence et autres violations des droits humains qui continuent d’être commis contre des personnes dans plusieurs parties de l’Afrique du fait de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée. Notant que de telles violences comprennent le « viol correctif », les agressions physiques, la torture, le meurtre, les arrestations arbitraires, les détentions, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, l’extorsion et le chantage. La Commission est également préoccupée par les cas de violence et les violations des droits de l’homme commises par les acteurs étatiques et non étatiques et ciblant les défenseurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile intervenant sur les questions de l’orientation sexuelle ou de l’identité sexuelle en Afrique. Elle est profondément préoccupée par l’incapacité des organes d’application de la loi à enquêter avec diligence et à poursuivre les auteurs de violence et d’autres violations des droits humains ciblant des personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée. La Commission des droits de l’homme condamne la violence croissante et les autres violations des droits de l’homme, notamment l’assassinat, le viol, l’agression, la détention arbitraire et d’autres formes de persécution de personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée ; condamne spécifiquement les attaques systématiques perpétrées par des acteurs étatiques et non étatiques contre des personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée ;  Invite les Etats parties à s’assurer que les défenseurs des droits de l’homme exercent leurs activités dans un environnement propice exempt de stigmatisation, de représailles ou de poursuites pénales en raison de leurs activités de défense des droits de l’homme y compris les droits des minorités sexuelles ; et prie instamment les Etats de mettre un terme aux actes de violation et d’abus, qu’ils soient commis par des acteurs étatiques ou non étatiques, notamment en promulguant et en appliquant effectivement des lois appropriées interdisant et sanctionnant toutes les formes de violence, y compris celles ciblant des personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée, en garantissant une enquête appropriée et la poursuite diligente des auteurs, ainsi que des procédures judiciaires adaptées aux besoins des victimes.

 Situation du VIH en Côte d’Ivoire 

Selon une étude (IBBS 2014) 50 % des travailleuses du sexe (TS) n’ont pas atteint le niveau secondaire, parmi elles, 17,7 % n’ont pas été scolarisées (. 35,8 % ont subi des violences sexuelles ; 47,9% ont subi des violences physiques d’inconnus et des forces de l’ordre ; 24,8% ont été harcelées par la police;12,9% d’entre elles évitent d’avoir des préservatifs sur elles en raison de la répression policière. L’étude décèle une faible connaissance sur les risques de transmission du VIH (seulement 5,1% des TS savent que le rapport sexuel par voie anale est le plus à risque d’infection du VIH et 34,6% savent que le gel lubrifiant à base d’eau est le lubrifiant le plus sûr à utiliser avec un préservatif lors des rapports sexuels). Toujours à en croire à cette enquête il existe une faible négociation du préservatif contre un gain financier plus important: plus de 57,1% des TS n’utilisent pas le préservatifs avec un client le tarif supérieur à 5000 Frs. Ce qui explique 89,1% des TS n’utilisent pas le préservatif avec le partenaire non payant. L’urgence est d’accroitre le nombre de populations clés diagnostiquées et enrôlées dans les soins à travers des stratégies novatrices. Car les spécialistes pensent qu’estimer la taille nationale des populations clés en Côte d’Ivoire permet une meilleure planification des programmes afin d’allouer les ressources nécessaires et d’améliorer le système de traçabilité.

Aka 


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