Lutte contre le Covid-19 / Didier Raoult : « Si on m’avait écouté, il y aurait eu deux fois moins de morts »

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Aurait-il eu raison trop tôt ? En tout cas, l’infectiologue français croit régler ses comptes après la vive polémique sur l’usage de chloroquine dans la guérison de la maladie à coronavirus.

Dans une interview accordée, ce mardi à La Provence, Didier Raoult livre une analyse sans fard de la gestion française de la crise du Covid-19.

Alors qu'il est attendu mercredi pour être auditionné au Sénat par la commission d'enquête sur la pandémie de Covid-19, le patron de l'IHU Méditerranée infection a livré mardi un avant-goût de son discours, dans un entretien accordé à La Provence.

« J’ai tenté d’éviter que tout parte en niquedouille, a-t-il d’abord estimé. Il y a eu un problème majeur, c’est la peur. La gestion de la maladie fait qu’au final il y a deux fois plus de morts. Et que parmi ces morts, plus de la moitié l’ont été, non pas en raison de la mauvaise gestion médicale, ni du Covid, mais du bordel qu’on a foutu dans la santé, car en pratique on n’a pas soigné les gens (...) Si on m’avait écouté, il y aurait eu deux fois moins de morts. Mais c’était inaudible. Ce monde est terrifié parce que la moyenne d’âge est importante. À force d’avoir peur des risques, on n’arrive plus à les gérer ».

« On a sauvé des gens pas seulement avec le traitement mais parce que l’on s’est occupé d’eux », a assené le célèbre chercheur.

Le professeur de microbiologie a également évoqué le débat passionnel sur l'hydroxychloroquine et son efficacité. « Je suis convaincu que l’on a sauvé des gens pas seulement avec le traitement mais parce que l’on s’est occupé d’eux, a-t-il fait remarquer. On les a hospitalisés, oxygénés, on leur a donné des anticoagulants, c’est ce qui fait une grosse différence. On n’a pas rajouté de la terreur à la terreur. Chaque fois que je savais quelque chose, j’ai transmis aux autorités, avant de faire les vidéos sur Youtube. Pourquoi savions-nous que la courbe était en cloche ? Par analogie avec les autres épidémies de coronavirus et parce qu’on était les seuls à faire les tests. Si cela avait été un vrai conseil scientifique, on aurait fait des sondages dans quatre ou cinq endroits pour mesurer la cinétique de l’épidémie. On aurait eu des chiffres plutôt que des fantasmes ».

 

« Il faut créer 7 infectiopoles en France »

Pour Didier Raoult, il est encore temps de changer de stratégie alors que la perspective d'une deuxième vague à l'automne est "extrêmement probable", à en croire le conseil scientifique.

« Les maladies infectieuses, cela devrait être un domaine régalien, c’est de la défense nationale, considère-t-il. Qu’est-ce qui a changé l’espérance de vie des humains ? Les épidémies et les guerres… Comme de Gaulle avait créé les centres anticancéreux à la sortie de la guerre, je me répète, il faut créer 7 infectiopoles en France », a-t-il préconisé.

A.K.