Lutte contre le coronavirus / Après la fermeture des bars : Les gérants des ‘’points chauds’’ déplorent « une situation chaotique »

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Suite à la mesure de fermeture des boîtes de nuit et autres ‘’points chauds’’ d’Abidjan relativement aux mesures de la lutte contre le Covid 19, les tenanciers expriment leurs difficultés et lancent un appel à l’Etat.

 

Dans le cadre de la lutte contre la progression du Covid-19, les autorités du pays ont arrêté des mesures drastiques pour freiner la maladie. Au nombre des mesures, la fermeture des bars et maquis sur l’étendue du territoire. À l’annonce de ces nouvelles dispositions, les tenanciers de ces espaces ont donné leur avis. Ils ont par ailleurs exprimé leurs difficultés et lancé un appel au gouvernement. Si certains ont exprimé leur désarroi face à cette situation, d’autres sont prêts à accompagner le gouvernement. Le Gros Bedel de (Forty Forty) dénonce une situation chaotique pour les hommes de la nuit.

« C’est une situation chaotique pour nous, hommes de la nuit. Parce qu’on ne s’y attendait pas du tout. Franchement, c’est un coup dur. Aujourd’hui ce qui arrive là, est un cas de force majeure. Nous autres, jeunes chefs d’entreprises, nous employons des dizaines de personnes dans nos établissements de nuit. On a les factures, le loyer, les salaires à gérer après, c’est difficile. Il faut donc que le gouvernement prenne des mesures pour nous soutenir et nous accompagner. Nous avons contracté des prêts dans les banques, on ne peut fonctionner sans prêt aujourd’hui. Nous avons donc des dettes auxquelles nous devrons faire face. Que prévoit l’Etat en cette période pour nous venir en aide et permettre à ces dizaines de personnes que nous employons de vivre et de nourrir leurs familles », a-t-il déploré.

Pour sa part, Alexandre Branger (Code Barre) dit qu’ils sont dans la merde. «Nous respectons la décision du gouvernement, c’est pour nous-mêmes notre bien. Il faut l’avouer, nous sommes tous dans la merde. On est tous perdant aujourd’hui dans cette affaire de Coronavirus. Depuis la décision de fermeture de nos boîtes de nuits, on se demande comment on fera pour gérer les factures, le personnel, nos impôts et autres. Il faudra que les autorités pensent à notre situation. Il faut que les associations des consommateurs mettent le sujet sur la table pour que le gouvernement puisse venir en aide à toutes ces entreprises de nuits et de loisirs qui emploient ces jeunes ivoiriens qui risquent de perdre ce qui leur donnait à manger ».

Serge Defalet de (Georges V), demande à l’Etat de les aider.

« C’est vrai que ça nous a tous surpris, cette décision, on ne s’y attendait pas du tout. Mais ces mesures-là, c’est pour le bien des populations que nous sommes. Il faut mener une véritable campagne de sensibilisation pour le respect strict des mesures et surtout se déplacer de façon utile. Le virus est invisible, il faut respecter les instructions et beaucoup prier, c’est très important. Même les grandes nations n’ont pas pu maîtriser la pandémie qui nous frappe tous. Par ailleurs, si l’Etat peut nous apporter son appui, nous aider comme ce qui se passe dans certains pays en Europe, ça sera une décision vraiment salutaire pour nous. Ça va assurément nous permettre de tenir le coup pendant cette période difficile».

 

Rodrigue Konan

Avec Vibe radio.